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04/11/2015 18:17 EST | Actualisé 04/11/2016 01:12 EDT

Birmanie: un meneur des manifestations étudiantes interpellé à quelques jours des élections

Un des rares meneurs des manifestations étudiantes encore en liberté en Birmanie a été interpellé et devait être présenté jeudi devant un tribunal de Rangoun, dernier signe de nervosité du pouvoir à quelques jours des législatives de dimanche.

Interpellé depuis mardi soir, Linn Htet Naing, plus connu sous le nom de "James", était en fuite depuis des mois. Il "sera présenté au tribunal aujourd'hui", a expliqué à l'AFP son beau-père, Ne Win.

Entre autres charges pesant contre lui, celle de "manifestation non-autorisée". La police et les autorités judiciaires n'étaient pas joignables dans un premier temps pour confirmation.

En mars, il était au premier rang de centaines d'étudiants descendus dans les rues pour protester contre une réforme controversée de l'éducation.

Parmi les 81 étudiants poursuivis après la répression de la manifestation, 54 sont toujours derrière les barreaux, dans l'attente de la fin de leur procès. Parmi eux, Phyoe Phyoe Aung, secrétaire générale de la Fédération birmane des syndicats étudiants (All Burma Federation of Student Unions) et épouse de James.

La semaine dernière, Kyaw Ko Ko, président de la Fédération étudiante, en fuite depuis mars, a été lui aussi interpellé.

Amnesty International s'est récemment inquiété d'un retour aux "vieilles habitudes" de la junte, avant la tenue de législatives historiques.

L'opposante Aung San Suu Kyi, dont la Ligue nationale pour la démocratie (LND) a de bonnes chances de remporter le scrutin, doit donner jeudi matin à Rangoun une dernière grande conférence de presse devant la presse internationale.

La présidence birmane a mis en garde mardi dans une vidéo officielle contre la tentation d'une révolution populaire de type printemps arabe, en enjoignant la population à adhérer à une transformation "pas à pas" du pays.

Le pouvoir actuel, chargé d'assurer la transition depuis l'autodissolution de la junte en 2011, reste en effet composé d'anciens généraux, convertis aux réformes, mais également soucieux de préserver les rênes du pouvoir.

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