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03/11/2015 01:30 EST | Actualisé 03/11/2016 01:12 EDT

Volkswagen ébranlé par de nouvelles accusations et chahuté en Bourse

Volkswagen, au coeur d'un scandale retentissant de moteurs truqués, était ébranlé mardi après de nouvelles accusations proférées par les autorités américaines qui faisaient chuter son cours en Bourse, en dépit du démenti apporté par le constructeur allemand.

Sur l'indice Dax de la Bourse de Francfort, l'action Volkswagen évoluait en dernière position, perdant 3,06% à 109,35 euros vers 09H30 GMT. Une baisse sans commune mesure avec les 20% évaporés en une journée le jour de l'éclatement de l'affaire en septembre.

Volkswagen, colosse aux 12 marques et 200 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, a avoué mi-septembre avoir équipé 11 millions de voitures dans le monde d'un logiciel capabe de fausser les résultats des tests antipollution.

Lundi l'agence américaine de protection de l'environnement américaine (EPA), qui avait la première révélé la tricherie, a accusé le groupe allemand d'avoir violé les normes d'émission de gaz polluants également avec des moteurs diesel 3 litres des marques Audi, Porsche et Volkswagen.

Jusqu'à maintenant la tricherie n'était avérée que pour des plus petits moteurs, de 1,2, 1,6 et 2 litres, et ne concernait aux Etats-Unis que les marques VW et Audi.

"Il s'agit évidemment d'une mauvaise nouvelle pour Volkswagen", a réagi mardi Holger Schmidt, analyste d'Equinet, "dans la mesure où cette dernière accusation inclut également Porsche".

- Patron sur la sellette -

Or le nouveau patron de Volkwagen, Matthias Müller, qui a pris les rênes au pied levé au moment de l'éclatement du scandale, était précédemment à la tête de Porsche et "a dû avoir connaissance de ce problème, même si cela reste encore à prouver", avance l'analyste.

M. Müller a pris la tête du groupe avec la promesse de faire la pleine lumière sur l'affaire, d'en gérer les suites - Volkswagen doit rappeler toutes les voitures concernées et les remettre aux normes, ce qui lui coûtera des milliards, et va faire face à une kyrielle de procès - et de redorer l'image du groupe.

Selon l'EPA, au moins 10.000 véhicules seraient concernés aux Etats-Unis par les nouveaux soupçons.

Volkswagen a réagi dès lundi en affirmant qu'aucun programme n'avait été installé sur ses agrégats diesel trois litres V6 pour modifier de "manière inappropriée" les tests antipollution. Le groupe ne s'explique pas ces nouvelles accusations, et va "coopérer complètement avec l'EPA, afin d'expliquer totalement les faits". Audi a également démenti mardi séparément toute tricherie aux émissions.

La procédure va se poursuivre avec de nouveaux tests et pourrait déboucher sur des rappels de véhicules.

- Le diesel pas désavoué -

La question des pénalités menaçant VW, qui pourraient théoriquement dépasser 18 milliards de dollars (16 milliards d'euros) rien qu'aux Etats-Unis, sera elle aussi abordée plus tard. Avant même d'en arriver là, la facture se révèle déjà très lourde pour le constructeur.

Il a enregistré au troisième trimestre sa première perte trimestrielle depuis plus de 15 ans (1,67 milliard d'euros), selon des chiffres publiés la semaine dernière. Un trou imputable aux 6,7 milliards d'euros de provisions mises de côté par le groupe pour faire face au scandale.

La fédération automobile allemande VDA devait publier mardi en milieu de journée le chiffre des immatriculations de voitures en Allemagne pour octobre, avant des données concernant les ventes de voitures aux Etats-Unis pour le même mois à 14H00 GMT.

Des chiffres très attendus par beaucoup d'observateurs, curieux de voir comment les ventes de Volkswagen et le diesel en général résistent à cette affaire.

Pour le moment Volkswagen affirme ne pas voir de ralentissement des commandes, et ses concurrents ne ressentent aucun effet sur le diesel. "Je ne vois aucun, je dis bien aucun changement" en termes de ventes de diesel, a affirmé mardi le patron de BMW, Harald Krüger.

L'inquiétude un temps vive en Allemagne d'un préjudice qui affecterait toute l'industrie allemande et jetterait l'oppobre sur le "made in Germany" ne s'est en tout cas pas matérialisée, a martelé mardi le président de la puissante fédération de l'industrie allemande BDI, Ulrich Grillo.

bur-bt/mtr/pt

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