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03/11/2015 06:07 EST | Actualisé 03/11/2016 01:12 EDT

Vienne veut limiter le droit d'asile dans le temps

Le gouvernement autrichien de grande coalition a présenté mardi un projet de loi visant à limiter à trois ans la durée initiale du bénéfice du droit d'asile, dans un contexte d'explosion du nombre de demandes et de poussée de l'extrême droite.

Proposé par les chrétiens-démocrates, le texte a obtenu le feu vert des sociaux-démocrates du chancelier Werner Faymann et sera examiné par le Parlement à partir de décembre, avec un effet rétroactif prévu au 15 novembre.

Le projet de loi prévoit que l'asile ne pourra plus être accordé que pour une période de trois ans, au terme de laquelle ce statut sera réexaminé en fonction de l'évolution de la situation dans le pays d'origine.

Le texte prévoit en outre que les bénéficiaires de la protection subsidiaire --un statut moins favorable que l'asile et qui concerne principalement des Afghans-- ne pourront recourir au regroupement familial qu'après trois ans, et sous conditions de ressources.

Le gouvernement a reconnu que la loi, si elle est adoptée, aura un effet symbolique plus que pratique, M. Faymann évoquant un "signal".

L'Autriche a vu transiter quelque 400.000 migrants vers l'Allemagne depuis septembre et table sur 85.000 demandes d'asile cette année, soit l'équivalent de 1% de sa population, contre 28.000 en 2014, un phénomène qui a contribué à une poussée électorale de l'extrême droite.

Les mesures proposées par le gouvernement ont été vivement critiquées par des ONG, l'Eglise protestante et une partie de l'opposition, qui ont dénoncé une mesure "inutile", nécessitant "un effort administratif monstrueux", et à même de "compromettre l'intégration" des bénéficiaires.

Même le petit parti libéral-populiste Team Stronach a estimé qu'elle ne ferait qu'insécuriser les bénéficiaires du droit d'asile et plonger un nombre croissant de personnes dans l'illégalité. "Celui qui obtient l'asile doit pouvoir rester. Et celui qui ne l'obtient pas doit être renvoyé à la maison de façon rigoureuse", a estimé un porte-parole, Robert Lugar.

La Diakonie protestante a pour sa part dénoncé une entorse au droit de la famille et a dit craindre que les obstacles au regroupement familial ne jettent sur les routes de l'exode davantage familles qui craindraient d'être séparées.

Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés a lui aussi déploré que des familles puissent rester "déchirées" en raison de cette loi.

phs/ros

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