POLITIQUE
03/11/2015 05:46 EST | Actualisé 03/11/2016 05:12 EDT

Redorer l'image du Canada à l'étranger, premier objectif de Trudeau

Todd Korol via Getty Images
TORONTO, ON - OCTOBER 9: Liberal leader Justin Trudeau meets with the editorial board at the Toronto Star in Toronto. (Todd Korol/Toronto Star via Getty Images)

Justin Trudeau prend mercredi les rênes du pouvoir canadien, avec comme premier objectif la restauration de l'image du Canada sur la scène internationale au gré de quatre déplacements en deux semaines avec, en point d'orgue, la conférence sur le climat à Paris.

"Nous sommes de retour", avait lancé au monde Justin Trudeau au lendemain de son élection il y a tout juste deux semaines.

Pour rassurer les pays partenaires "inquiets que le Canada ait perdu sa compassion et sa voix constructive dans le monde au cours des dix dernières années", le nouveau chef de gouvernement canadien va sillonner la planète.

Entre la mi-novembre et le tout début décembre, M. Trudeau va rencontrer des dizaines de chefs d'Etat ou de gouvernement à l'occasion des sommets du G20 en Turquie, de l'Apec aux Philippines, du Commonwealth à Malte et enfin à la conférence de l'ONU sur le climat à Paris (COP21).

"A l'évidence, un grand nombre de défis attendent le nouveau gouvernement", note Carissima Mathen, professeur de droit à l'Université d'Ottawa.

Le hasard du calendrier faisant bien les choses, c'est d'abord à l'étranger que Justin Trudeau va pouvoir imprimer un style et assurer ses partenaires d'une inflexion de la diplomatie canadienne, souvent décriée après une décennie de pouvoir conservateur.

Avec cet objectif, c'est sans nul doute à Paris que Justin Trudeau peut réellement signer le retour du Canada au sein de la diplomatie et restaurer l'image d'un pays qui est sorti du protocole de Kyoto en 2011, sacrifiant au passage l'environnement sur l'autel du secteur pétrolier des sables bitumineux de l'Alberta (ouest).

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Concilier économie et environnement

Tout au long de la campagne, M. Trudeau a répété la nécessité de concilier la croissance économique et l'environnement, sans jamais s'avancer cependant sur des objectifs précis en termes de réduction des gaz à effet de serre (GES).

A Paris, M. Trudeau sera accompagné de la quasi-totalité des Premiers ministres des provinces car le réchauffement climatique est une affaire collective où chacune des dix provinces fixe ses objectifs dans une logique fédéraliste.

"C'est un dossier difficile pour un pays comme le Canada qui est à la fois un important consommateur et un exportateur d'énergie", juge David Runnalls, expert sur le climat à l'Université d'Ottawa.

Les trois principales provinces, l'Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique, ont déjà pris des mesures sur la réduction des GES avec pour les deux premières un marché du carbone avec la Californie, et pour la troisième la mise en place d'une taxe carbone.

De retour de sa tournée internationale, ce sont les promesses de campagne qui vont rattraper sur le plan intérieur le nouveau chef de gouvernement. Le programme électoral qui a permis à Justin Trudeau d'enlever la majorité absolue en sièges à la Chambre des communes porte sur bon nombre de questions sociétales comme l'aide médicale à mourir, les droits des autochtones ou la légalisation du cannabis.

La Cour suprême a donné jusqu'en février au gouvernement fédéral pour mettre la loi en conformité avec la Charte des libertés et de permettre l'aide médicale à mourir pour les adultes consentants atteints de problèmes de santé graves et irrémédiables.

Sur le plan sécuritaire, le Premier ministre devrait aussi rapidement amender la loi antiterroriste passée au printemps par les conservateurs après les attaques menées sur le sol canadien, il y a un an, par des jeunes radicalisés aux idées jihadistes. Cette loi a donné des pouvoirs élargis aux services de renseignement souvent à la frontière de la protection de la vie privée.

Autre promesse à honorer rapidement, les mesures d'allégement du fardeau fiscal des classes moyennes, socle de l'électorat libéral, pour une imposition plus forte des plus riches, devraient être au menu de la Chambre dès la reprise des travaux en décembre.

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