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03/11/2015 09:35 EST | Actualisé 03/11/2016 01:12 EDT

L'Ukraine dénonce les "persécutions" de Moscou contre des journalistes Tatars de Crimée

L'Ukraine a dénoncé mardi les "persécutions" et "humiliations" de Moscou visant des journalistes Tatars de Crimée, péninsule ukrainienne annexée par la Russie, au lendemain de perquisitions menées chez ces derniers.

"Les perquisitions chez la journaliste (...) renommée Lilia Boudjourova et d'autres collaborateurs de la télévision ATR sont une énième violation des droits de l'Homme dans la péninsule et une tentative de vengeance contre" ceux "qui n'acceptent pas l'occupation de la Crimée", a écrit le président pro-occidental Petro Porochenko sur sa page Facebook, dénonçant de surcroit des "humiliations" contre ces journalistes.

Plus tôt dans la journée, le ministère ukrainien des Affaires étrangères s'était dit "indigné" par "la politique des autorités russes visant à anéantir l'Etat ukrainien, persécuter ses citoyens et détruire tout ce qui est lié à la culture ukrainienne", dans un communiqué.

Lundi, les services de sécurité russes (FSB) ont effectué des perquisitions au domicile de plusieurs responsables de la chaîne ATR en Crimée, dont sa directrice adjointe, Lilia Boudjourova, qui travaille également pour l'AFP. D'autres collaborateurs de la chaîne et leurs proches ont aussi été perquisitionnés à Moscou.

Une enquête pour "extrémisme" a été ouverte contre le propriétaire d'ATR. La chaîne a été privée d'autorisation d'émettre en avril par les autorités de Crimée qui l'accusent d'"attiser intentionnellement un sentiment de défiance envers les autorités russes parmi les Tatars de Crimée", minorité musulmane majoritairement opposée à l'annexion.

Depuis cette annexion, des abus visant cette communauté ont été dénoncés par l'OSCE, l'ONU et les Etats-Unis.

Par ailleurs, fin octobre, la directrice d'une bibliothèque ukrainienne à Moscou, Natalia Charina, a été arrêtée et accusée de promouvoir des idéaux extrémistes. Elle est actuellement assignée à résidence.

"En attisant la haine envers tout ce qui est ukrainien, le Kremlin cherche à détruire définitivement tout ce qui avait auparavant servi de base pour la compréhension entre nos peuples", a souligné la diplomatie ukrainienne.

Les relations entre les deux ex-républiques soviétiques sont au plus bas depuis le soulèvement proeuropéen du Maïdan en Ukraine, réprimé dans le sang et qui a entraîné la destitution du président prorusse Viktor Ianoukovitch en février 2014.

Ont suivi l'annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014 et le conflit armé dans l'Est séparatiste prorusse, qui a fait plus de 8.000 morts depuis son déclenchement en avril 2014.

Kiev, appuyé par les Occidentaux, accuse la Russie d'avoir instigué ce conflit, d'armer les rebelles et d'y avoir déployé des troupes régulières, ce que Moscou dément.

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