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03/11/2015 00:49 EST | Actualisé 03/11/2016 01:12 EDT

Indonésie/défaut de visa: deux journalistes britanniques condamnés à deux mois et demi de prison

Deux journalistes britanniques interpellés en mai en Indonésie pour avoir tenté de réaliser un documentaire sur la piraterie sans posséder les visas appropriés ont été condamnés mardi à deux mois et demi de prison, mais devraient être bientôt libres.

Neil Bonner, 32 ans, et Rebecca Prosser, 31 ans, ont été "reconnus coupables en tant qu'étrangers, d'avoir enfreint les permis de séjour" qui leur ont été délivrés, a déclaré Wahyu Prasetyo Wibowo, le président du tribunal du district de Batam, une île de l'ouest de l'archipel.

Les deux Britanniques étaient en possession d'un visa de tourisme alors qu'ils auraient dû avoir un visa de journaliste pour exercer leurs activités, selon la législation indonésienne.

Détenus depuis leur arrivée en mai dans ce pays d'Asie du Sud-Est, les deux journalistes devraient être libérés compte tenu de la période de détention provisoire, à moins que le parquet ne fasse appel, a déclaré leur avocat, Aristo Pangaribuan.

"C'est un grand soulagement de pouvoir rentrer à la maison", a déclaré Rebecca Prosser, dénonçant cette sanction comme une "pénalisation" des activités de journaliste.

"Je pense que cela fait de l'Indonésie un terrain plus dangereux pour d'autres journalistes", a-t-elle estimé.

Neil Bonner, également soulagé d'être bientôt libre, a salué les journalistes indonésiens qui ont soutenu leurs deux confrères britanniques, et critiqué lui aussi la "pénalisation" des activités de journaliste.

"Nous aurions pu être jugés pour une infraction administrative, mais cela a été pénalisé", a-t-il déploré.

Arrivés en mai pour tourner un film pour la maison de production Wall to Wall avec des fonds de la société américaine National Geographic, les deux Britanniques avaient engagé plusieurs Indonésiens pour interpréter une scène sur un pétrolier où un groupe de pirates fait irruption dans les eaux du détroit de Malacca, près de Singapour.

Le détroit de Malacca, couloir stratégique mondial entre l'Indonésie, la Malaisie et Singapour, est un haut lieu de la piraterie maritime en Asie du Sud-Est. Le nombre d'attaques y a augmenté l'an passé.

A la suite d'un renseignement communiqué aux autorités, les deux Britanniques avaient été appréhendés par la marine indonésienne. Ils ont été retenus pendant plus de cinq mois par les services d'immigration.

L'an passé, deux journalistes français avaient été arrêtés dans la province orientale de Papouasie pour une affaire semblable. Arrivés avec un visa de tourisme, ils avaient réalisé un reportage sur des séparatistes dans cette région pour un magazine d'Arte. Ils avaient également été condamnés pour défaut de visa à deux mois et demi de prison, peine qui a couvert leur période de rétention par les service d'immigration.

Dans le classement mondial de la liberté de la presse en 2015 établi par l'ONG Reporters sans Frontières (RSF), l'Indonésie figure à la 138e place sur 180 pays.

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