NOUVELLES
03/11/2015 14:57 EST | Actualisé 03/11/2016 01:12 EDT

Haïti: union de candidats à la présidence face aux soupçons de fraude

Sept candidats à la présidence d'Haïti ont demandé au conseil électoral provisoire (CEP) la création d'une commission indépendante pour enquêter sur les irrégularités ayant marquées le premier tour du scrutin, dans une lettre envoyée mardi au président du CEP.

Ces prétendants à la succession du président Michel Martelly ont décidé de s'unir "sans (se) départir de (leurs) positions idéologiques et politiques respectives" car ils ont "constaté que la journée électorale du 25 octobre a donné lieu à des cas de fraudes massives".

Deux des favoris, Jude Célestin et Moïse Jean-Charles, ont signé le document envoyé à l'administration électorale. La lettre a été signée par six candidats et un septième, Charles Henri Baker, s'est engagé à le faire mercredi.

Une première commission, composée de membres du CEP, analyse déjà depuis vendredi les plaintes des candidats et partis politiques concernant le scrutin qui a regroupé le premier tour de la présidentielle, mais aussi le second tour des législatives et le tour unique des municipales.

Sur 162 requêtes reçues, une quarantaine seulement a été jugée recevable car accompagnée d'éléments de preuves.

Mais les signataires de la lettre doutent de l'indépendance de cette commission. Ils réclament que des représentants de la société civile (universitaires, membres d'association de médias, organisations féministes et de défense des droits humains) composent un nouveau groupe d'enquêteurs.

Ils souhaitent qu'une telle commission puisse analyser tous les procès-verbaux et listes d'émargement, pour identifier et exclure "tant des fraudeurs, que des bénéficiaires avérés des cas de fraudes," indiquent-ils dans leur correspondance.

Face aux nombreuses plaintes pour fraude, le CEP a déjà repoussé de 48h l'annonce des résultats, avant d'annoncer que cette publication aura lieu jeudi.

Mais les sept présidentiables estiment que la commission indépendante, réclamée aujourd'hui, pourrait avoir besoin de 15 jours pour rendre ses conclusions.

Le report de l'annonce des résultats hypothèque la bonne tenue du calendrier électoral, selon lequel le second tour du scrutin présidentiel est prévu le 27 décembre.

Depuis le début du processus électoral, Michel Martelly, qui ne peut effectuer un second mandat consécutif, a annoncé qu'il laisserait le pouvoir le 7 février 2015, comme le prévoit la constitution.

Les actuelles contestations constituent un nouvel accroc à la transition démocratique du pays, qui se relève lentement du terrible séisme de janvier 2010 ayant tué plus de 200.000 personnes et causé des dégâts estimés à 120% du produit intérieur brut (PIB) du pays le plus pauvre des Amériques.

amb/faa

Biden ou Trump?
Suivez les dernières nouvelles, les analyses et les sondages dans cette course qui ne cesse de surprendre!