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03/11/2015 05:10 EST | Actualisé 04/11/2015 02:56 EST

La FAE se retire des négociations en éducation (VIDÉO)

La Fédération autonome de l'enseignement (FAE) suspend les négociations avec le gouvernement Couillard en signe de protestation contre l'absence d'avancées tangibles et l'entêtement de Québec à mettre en avant les impératifs financiers.

La FAE rencontrera la semaine prochaine le ministre de l'Éducation, François Blais, pour tenter de débloquer la situation, mais, auparavant, elle consultera lundi les représentants de ses huit syndicats affiliés pour décider « des gestes que Philippe Couillard nous force à poser », a précisé Sylvain Mallette, président de la FAE.

Tout en se disant prêt à retourner à la table des négociations pour trouver un règlement qui satisfasse les deux parties, M. Mallette prévient le premier ministre Couillard qu'il a devant lui « des gens plus obstinés que lui-même ».

« Après 64 rencontres de négociation à la table sectorielle, la partie patronale n'est toujours pas parvenue à déposer des scénarios de règlements qui améliorent les conditions de travail du personnel enseignant ainsi que les conditions d'apprentissage des élèves. De plus, ce qui est proposé jusqu'ici par la partie patronale les détériore. »

— Sylvain Mallette, président de la FAE

Blais veut la reprise des négos, mais ne recule pas

Le ministre Blais rappelle à la FAE que « c'est aux tables de négociations que les enjeux vont se régler » et souhaite poursuivre les pourparlers « afin d'en arriver le plus rapidement possible à une entente ».

Le ministre de l'Éducation précise que « cette entente doit cependant prendre en compte la capacité de payer des contribuables ».

Contre l'approche à coût nul du gouvernement

La FAE déplore « l'obsession de l'austérité » de Québec et constate que le « gouvernement ne s'inscrit toujours pas dans une logique de négociation qui permettrait de régler les problèmes criants dans les écoles publiques ».

Elle dénonce l'attitude du gouvernement qui veut en arriver à un règlement à coût nul, « un scénario complètement irréaliste aux yeux du personnel enseignant ».

L'organisation syndicale reproche à la partie patronale d'opposer aux revendications des enseignants des justifications financières. « Le gouvernement s'inscrit dans une logique de négociation à coût nul et de réallocation des ressources. On veut déshabiller certains profs pour en habiller d'autres et appliquer la même logique aux élèves. Les écoles publiques du Québec ont besoin d'un réinvestissement massif », fait remarquer Martin Lauzon, vice-président aux relations du travail à la FAE.

« Ce qui est maladroit, c'est d'associer l'éducation à une dépense et non à un investissement », souligne M. Lauzon, en référence aux déclarations du ministre Blais qui trouve « maladroit » de réinvestir maintenant en éducation.

« Ce qui diffère fondamentalement dans la négociation actuelle, c'est le positionnement idéologique et inflexible de la partie patronale. Le premier ministre du Québec est obsédé par sa politique d'austérité et compte l'imposer coûte que coûte à la classe moyenne, et ce, en sacrifiant au passage une génération entière d'élèves. »

— Martin Lauzon, vice-président aux relations du travail à la FAE

La FAE regroupe huit syndicats qui représentent plus de 34 000 membres, principalement des enseignants du primaire et du secondaire. Elle ne fait pas partie du Front commun intersyndical (FTQ-CSQ-CSN) et n'est donc pas la seule organisation à représenter les enseignants de la province aux tables de négociations.

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