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03/11/2015 12:24 EST | Actualisé 03/11/2016 01:12 EDT

Brésil: une grève des employés du pétrole réduit la production (syndicats)

Une grève des employés du pétrole demandant une augmentation salariale, qui s'étend au Brésil, a déjà réduit de plus de 20% la production de brut extrait par la compagnie pétrolière Petrobras, a indiqué mardi à l'AFP un responsable syndical.

"La grève a déjà réduit la production de plus de 20% et Petrobras reste inflexible", a déclaré mardi à l'AFP Emanuel Cancella, directeur de la Fédération nationale des pétroliers (FNP), syndicat à l'origine de l'appel à la grève qui regroupe quelque 40.000 des 85.000 travailleurs de Petrobras, selon lui.

Interrogée par l'AFP, Petrobras a indiqué ne pas encore avoir émis de communiqué sur la situation.

La production moyenne de Petrobras en septembre a été de deux millions de barils par jour.

"Nous avons lancé la grève illimitée le 24 octobre et dimanche la Fédération unitaire des pétroliers (FUP) nous a rejoints", a ajouté Cancella.

"Les grévistes réclament une augmentation de salaire de 18% qui comprend une indexation sur l'inflation", a expliqué le dirigeant syndical.

Jeudi, la direction de Petrobras a proposé 8,11% d'augmentation à la FNP et les négociations ont été suspendues jusqu'à nouvel ordre, a poursuivi Cancella.

"Plusieurs plateformes pétrolières sont paralysées dans le bassin de Campos, à Rio, et Petrobras met des personnes non qualifiées pour travailler", a alerté le leader syndical.

Petrobras, qui pâtit des retombées d'un vaste scandale de corruption, avait annoncé dans son bilan de 2014 des pertes de deux milliards de dollars dues à la corruption.

L'enquête tentaculaire sur Petrobras a révélé que les plus puissantes entreprises de BTP du pays s'étaient réparties entre 2004 à 2014 les marchés de la compagnie pétrolière en payant à tour de rôle des pots-de-vin à certains de ses directeurs en échange de contrats, eux-mêmes surfacturés de 1 à 3%.

Début octobre, Petrobras a annoncé qu'elle réduirait ses investissements de 28 milliards à 25 milliards (soit 11%) et de 27 à 19 milliards de dollars en 2016, soit de 30%.

En juin, elle avait déjà annoncé une coupe drastique de 76,5 milliards de dollars, laissant la porte ouverte à d'autres réductions en raison de "facteurs de risque" comme le prix du baril ou le taux de change.

cdo/ka/abk

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