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03/11/2015 03:17 EST | Actualisé 03/11/2016 01:12 EDT

Birmanie: le pouvoir met en garde contre une révolution du type printemps arabe

La présidence birmane a mis en garde mardi dans une vidéo officielle contre la tentation d'une révolution populaire de type printemps arabe, à cinq jours d'élections auxquelles le parti de l'opposante Aung San Suu Kyi est donné favori.

La vidéo postée sur la page Facebook de la présidence birmane (myanmarpresidentoffice), vecteur habituel de communication du président Thein Sein, s'ouvre sur des images de Tunisie, avec des affiches du président Zine el Abidine Ben Ali déchirées et des émeutes.

En alternance, les rues calmes de Naypyidaw, la capitale administrative birmane, le président Thein Sein tout sourire, des listes électorales complétées en bonne et due forme.

Zaw Htay, porte-parole de la présidence birmane, a confirmé à l'AFP l'authenticité de cette vidéo, réalisée par la première chaîne publique, MRTV. Il s'agit d'expliquer à la population ce que devrait être "la transformation de la Birmanie en une démocratie", qui devrait se faire "pas à pas".

"Comparé à d'autres pays, notre pays se développe pas à pas", a-t-il assuré, évoquant "les rivières de sang, explosions, manifestations violentes et terrorisme" ayant accompagné des "transformations en démocraties" dans "d'autres pays".

Si le porte-parole n'a pas pointé du doigt des pays en particulier, la vidéo officielle fait clairement référence au printemps arabe.

"Le goût du printemps", "mais avec un autre goût", y lit-on, entre deux images de violences lors des soulèvements populaires contre des régimes autoritaires au Proche-Orient, de la Tunisie à l'Egypte.

Un dessin humoristique y représente également le doigt du "peuple" faisant tomber les dominos les uns après les autres, de la Tunisie à la Libye, en passant par la Birmanie...

"Cela fait cinq ans que notre pays est calme et va dans la bonne direction... Nous devons être patients", insiste Zaw Htay, porte-parole de la présidence birmane.

Depuis l'auto-dissolution de la junte en 2011, le pays s'est ouvert. Mais le régime de transition, qui reste dominé par d'anciens généraux comme Thein Sein, donne des signes de nervosité, à l'approche des législatives.

Des dizaines d'étudiants ayant manifesté contre une réforme de l'éducation sont ainsi emprisonnés depuis des mois. Un leader étudiant en fuite a encore été arrêté la semaine dernière.

Des internautes ont critiqué mardi la vision d'une transition en douceur vantée par la vidéo de la présidence birmane.

"En quoi emprisonner des étudiants qui manifestaient est-il une façon pacifique de transformer le pays en démocratie ?", met en doute parmi eux un internaute du nom de Thet Ko Ko.

L'opposante Aung San Suu Kyi, en pleine campagne pour les législatives du 8 novembre, a elle-même dénoncé les tentations de retour en arrière du gouvernement actuel, d'anciens généraux convertis aux réformes en 2011. Mais elle a multiplié les appels au calme, notamment face aux critiques suscitées par la désorganisation des autorités, qui n'ont toujours pas publié les listes électorales.

bur-dth/ros

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