POLITIQUE
31/10/2015 06:38 EDT | Actualisé 31/10/2015 06:38 EDT

Premier cabinet de Justin Trudeau: les principaux candidats au cercle restreint

The Canadian Press

OTTAWA — Le premier ministre désigné Justin Trudeau présentera un gouvernement au visage plus féminin et diversifié lorsqu’il dévoilera son premier cabinet, la semaine prochaine.

La tâche de constituer un cabinet n’a rien d’enviable. Trudeau compte 183 députés, élus dans chaque province et territoire du pays. Il doit représenter de façon équilibrée les régions, les groupes ethniques, les religions, les langues et les sexes.

Trudeau s’est déjà engagé à avoir un nombre égal d’hommes et de femmes. Il a aussi promis un cabinet de plus petite taille. Le cabinet du premier ministre conservateur Stephen Harper compte actuellement 39 membres. Trudeau devrait annoncer de 28 à 30 ministres.

«La constitution d’un cabinet est très difficile, car il faut dire non à de loyaux soldats, il faut dire non à des gens que vous savez hautement qualifiés, mais qui ne cadrent pas», a affirmé Donald Savoie, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en administration publique et gouvernance à l'Université de Moncton.

Un cabinet plus petit ayant été promis, il ne fait aucun doute que des députés libéraux de grand talent seront laissés de côté, a indiqué Savoie au Huffington Post Canada.

«Les premiers ministres jouissant d’une solide majorité disent habituellement, ‘Je vais nommer mon cabinet pour deux ans, et dans deux ans, nous verrons. Il se pourrait que je doive y insérer du sang neuf ’. Mais il est sûr que certains députés seront quelque peu découragés», a ajouté Savoie.

Les libéraux ont élu des candidats vedettes, le 19 octobre, mais ils ont aussi élu des individus qui n’étaient pas censés être victorieux.

Voici certains des députés susceptibles de se retrouver au sein du cabinet — ou qui pourraient devenir secrétaires parlementaires si Trudeau ne leur fait pas signe, le 4 novembre.

En Colombie-Britannique:

Harjit Sajjan (Vancouver) — Lieutenant-colonel décoré dans les Forces canadiennes, avec à son actif trois déploiements en Afghanistan, Sajjan a été le premier sikh à commander un régiment militaire canadien. Il a également servi au sein de la police de Vancouver pendant 11 ans, à titre de spécialiste du crime organisé.

Jody Wilson-Raybould (Vancouver) — Chef régionale de l’Assemblée des Premières Nations en Colombie-Britannique, elle a été impliquée dans la négociation de traités et a figuré parmi les nombreux dirigeants autochtones qui ont rencontré Harper pendant les manifestations du mouvement Idle No More. Elle était autrefois procureure à Vancouver.

Jody Wilson-Raybould (Photo: Sean Kilpatrick/CP)

En Alberta:

Amarjeet Sohi (Edmonton) — Conseiller municipal à Edmonton et défenseur du transport en commun, Sohi a défait le ministre conservateur Tim Uppal. Plus tôt cette année, Sohi, arrivé au Canada il y a 35 ans en provenance de l’Inde, a parlé de son expérience de prisonnier politique à la fin des années 80. Retourné en Inde pour y faire du bénévolat, Sohi a alors arrêté et accusé d’être un terroriste. Il a été battu, torturé et emprisonné pendant deux ans.

Amarjeet Sohi (Photo: Jason Franson/CP)

Kent Hehr (Calgary) — Récemment représentant de Calgary-Buffalo à l’Assemblée législative de l’Alberta, Hehr, avocat de formation, a été atteint d’un coup de feu au cou alors qu’il prenait place dans la voiture d’un ami, il y a plus de 20 ans, ce qui l’a laissé paralysé.

En Saskatchewan:

Ralph Goodale (Regina) — Ministre des Finances sous Paul Martin, Goodale est assuré d’une place au sein du cabinet — il est le seul libéral à avoir été élu dans cette province.

Ralph Goodale (Photo: Justin Tang/CP)

An Manitoba:

MaryAnn Mihychuk (Winnipeg) — Ancienne ministre de l’Industrie, du Commerce et des Mines, de même que des Affaires intergouvernementales, au gouvernement néo-démocrate provincial, Mihychuk a également fait campagne afin d’être mairesse de Winnipeg, en 2004, mais elle a perdu. Géologue de formation, elle a travaillé au sein de l’industrie de l’exploitation minière.

Jim Carr (Winnipeg) — Ancien membre de l’Assemblée législative du Manitoba et chef adjoint du Parti libéral du Manitoba, Carr a été président du Conseil des affaires du Manitoba de 1998 à 2014.

Jim Carr (Photo: John Woods/CP)

En Ontario:

Bill Morneau (Toronto) — Ancien président exécutif de Morneau Shepell, l’une des plus importantes sociétés de ressources humaines au Canada, il est assuré de faire partie du cabinet et se retrouvera fort probablement avec le convoité portefeuille des finances. Il a été l’un des conseillers financiers de Trudeau, et ce dernier et son équipe l’apprécient. Selon Postmedia, Morneau pourrait se retrouver en situation de conflit d’intérêts en raison de ses actifs au sein de l’entreprise, de sorte qu’il a déjà commencé à agir afin de franchir cet éventuel obstacle.

Chrystia Freeland (Toronto) — Députée depuis 2013, Freeland était courtisée par les gens de Trudeau alors qu’elle faisait partie de l’équipe éditoriale de Thomson Reuters à New York. Elle a été du groupe de conseillers économiques de Trudeau et porte-parole du parti en matière de commerce international. Diplômée de Rhodes, elle est une auteure et journaliste de renom.

Chrystia Freeland (Photo: Graham Hughes/CP)

Carolyn Bennett (Toronto) — Médecin de famille députée depuis 1997, Bennett a été la première ministre d’État à la Santé publique du Canada, et elle a supervisé la réaction à la crise du SRAS, en 2003. Ces dernières années, Bennett a été porte-parole du parti en matière d’affaires autochtones.

John McCallum (Markham) — Élu une première fois en 2000, McCallum, ex-économiste en chef de RBC Banque Royale, a été ministre de la Défense nationale et ministre des Anciens combattants sous Jean Chrétien. Il a été nommé ministre du Revenu national sous Martin et a également eu pour tâche de procéder à un examen des dépenses gouvernementales. Ces dernières années, McCallum a été porte-parole en matière de finance et d’immigration.

Jane Philpott (Markham) — Médecin de famille, professeure associée à l’Université de Toronto et ancienne responsable du département de médecine familiale de l’Hôpital Markham Stouffville, Philpott a défait le controversé secrétaire parlementaire Paul Calandra par près de 4000 votes. Le poste de ministre de la Santé lui semble destiné.

Navdeep Bains (Mississauga) — Député de 2004 à 2011, Bains a récupéré son siège le 19 octobre. En plus d’être comptable en management accrédité, de détenir une maîtrise en administration des affaires et d’enseigner à l’Université Ryerson, Bains a été un important organisateur pour Trudeau et a fait partie du comité national de préparation aux élections du Parti libéral. Sous Martin, Bains a été secrétaire parlementaire du premier ministre pendant quelques mois. Il a par la suite été porte-parole de l’opposition en matière de travaux publics, de Conseil du trésor, de commerce international, de ressources naturelles, de petites entreprises et de tourisme.

Navdeep Bains (Photo: Adrian Wyld/CP)

Bill Blair (Scarborough) — Chef du Service de police de Toronto de 2005 à 2015, Blair a provoqué une controverse en raison de sa gestion des manifestations lors du sommet du G-20 de 2010 à Toronto, et il a eu des prises de bec publiques avec l’ancien maire Rob Ford. Policier pendant 40 ans, Blair affirme avoir été approché par les conservateurs et le NPD avant d’avoir décidé de faire campagne pour les libéraux de Trudeau.

Patty Hajdu (Thunder Bay) — Députée recrue, Hajdu a été directrice exécutive du plus important refuge pour sans-abris de Thunder Bay, Shelter House. Elle est spécialiste des abus d’alcool et autres substances, et de la réduction des méfaits.

Catherine McKenna (Ottawa) — Avocate spécialisée en justice sociale, elle a été conseillère pour la mission de maintien de la paix des Nations unies au Timor oriental, et elle a fondé Avocats canadiens à l’étranger (aujourd’hui Égaliser), organisme de charité se concentrant sur les questions de justice internationale.

Catherine McKenna (Photo: Sean Kilpatrick/CP)

Andrew Leslie (Ottawa) — Général à la retraite ayant dirigé les troupes canadiennes en Afghanistan, Leslie a été l’un des candidats vedettes recrutés par les libéraux. Il a été conseiller de Trudeau en matière de politique étrangère et défense, et il a défait le conservateur en place dans la circonscription d’Ottawa. Les libéraux se sont engagés à suivre certaines des recommandations de son rapport de 2011 sur la transformation des Forces canadiennes.

Maryam Monsef (Peterborough) — Âgée de 30 ans, elle a été victorieuse dans la circonscription de Peterborough–Kawartha — secteur auparavant représenté par le secrétaire parlementaire de Harper et ex-député reconnu coupable Dean Del Mastro. Née en Afghanistan, elle a fui les talibans et est venue au Canada en tant que réfugiée avec sa mère, veuve, et ses soeurs, en 1996.

Au Québec:

Jean-Yves Duclos (Québec) — Économiste de renom s’intéressant aux questions du développement économique, des impôts, de la pauvreté et des inégalités, Duclos est le directeur du département d’économique de l’Université Laval. Il s’est montré fort critique du programme de garderies d’enfants à 15 $ par jour du NPD, y voyant un transfert des richesses des pauvres aux riches, et il a fait l’éloge du projet des libéraux en matière de prestations pour enfants, qu’il a qualifié de plus progressif. Il a causé la surprise en défaisant un député néo-démocrate favori.

Mélanie Joly (Montréal) — Avocate ayant fait parler d’elle en terminant deuxième derrière l’ex-ministre libéral Denis Coderre lors de la course à la maire de Montréal en 2013, Joly a vaincu Maria Mourani – une ancienne députée du Bloc québécois passée au NDP – après avoir obtenu sa nomination au terme d’une chaude lutte ayant donné lieu à des accusations de favoritisme lancées contre elle et les organisateurs de Trudeau.

Melane Joly (Photo: Mario Beauregard/CP)

Stéphane Dion (Montréal) — Député depuis 1996, l’ancien chef libéral a certainement quelque chose qui l’attend. Mais quoi? Dion a été ministre de l’Environnement sous Martin, il a paraphé au nom du Canada le protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et a même nommé son chien Kyoto à la suite de l’accord. Sous Chrétien, Dion a été ministre des Affaires intergouvernementales, ayant préparé la réponse du gouvernement fédéral au référendum de 1995 et une éventuelle sécession unilatérale du Québec. Le projet de loi est par la suite devenu la Loi sur la clarté référendaire — une législation défendue par Trudeau durant la campagne .

Marc Garneau (Montréal) — Ancien astronaute, ingénieur, président de l’Agence spatiale canadienne et candidat à la direction du Parti libéral, Garneau fera sans aucun doute partie du cabinet. Le député de Montréal a été élu pour la première en 2008, et il a été porte-parole en matière d’industrie et d’affaires étrangères.

Marc Garneau (Photo: Sean Kilpatrick/CP)

Diane Lebouthillier (Gaspé) — Propriétaire d’une petite entreprise, préfète de la municipale régionale de comté du Rocher-Percé depuis 2010, Lebouthillier a obtenu à Gaspé un siège qui échappait aux libéraux depuis plus d’une décennie, dans une région habituellement détenue par le Bloc québécois.

Au Nouveau-Brunswick:

Dominic LeBlanc — Leader parlementaire des libéraux dans le dernier Parlement, LeBlanc est devenu membre du Conseil privé en 2004 alors que, sous Martin, il était secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre et whip adjoint du gouvernement. Il est un ami d’enfance de Trudeau.

En Nouvelle-Écosse:

Scott Brison — Député depuis 1997, Brison a été porte-parole du parti sur les questions économiques et vice-président du Comité permanent des finances de la Chambre des communes. Il a été ministre des Travaux publics et receveur général du Canada au sein du gouvernement Martin.

Scott Brison (Photo: Matthew Usherwood/CP)

À l’Île-du-Prince-Édouard:

Lawrence MacAulay — Député depuis 1988, MacAulay a été solliciteur général du Canada, ministre du Travail, secrétaire d’État aux anciens combattants et secrétaire d’État pour l’Agence de promotion économique du Canada atlantique. Dans le dernier Parlement, MacAulay était porte-parole en matière de pêcheries et océans.

À Terre-Neuve-et-Labrador:

Judy Foote — Députée depuis 2008, et whip du parti, Foote a précédemment détenu plusieurs portefeuilles au sein du gouvernement provincial de Brian Tobin. Foote est la personne vers laquelle s’est tourné Trudeau lorsque deux députées du NPD ont accusé deux députés libéraux de harcèlement sexuel — et dans un cas, d’agression sexuelle — l’automne dernier.

Judy Foote (Photo: Adrian Wyld/CP)

Dans le Nord:

Hunter Tootoo — Ancien membre de l’Assemblée législative de l’Alberta et président de l’Assemblée législative du Nunavut, Tootoo a occupé plusieurs plusieurs postes de cabinet dans le territoire et il compte une importante expérience de gestion gouvernementale. En 1997, Tootoo a fait campagne pour le NPD fédéral, sans succès.

Cet article initialement publié sur le Huffington Post Canada a été traduit de l’anglais.

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