NOUVELLES
31/10/2015 10:35 EDT | Actualisé 31/10/2016 01:12 EDT

Mondial-2015 - Tops et Flops: jeu qui rit, Européens qui pleurent

La huitième Coupe du monde qui s'est achevée samedi par le triomphe des All Blacks a été marquée par le retour d'un rugby ouvert et enlevé, dans lequel les nations européennes se sont perdues.

LES TOPS

. Les Brave Blossoms. Le Japon a apporté sa joie et sa spontanéité. La victoire ahurissante sur l'Afrique du Sud (34-32), le lendemain du match d'ouverture a donné le ton de la Coupe du monde: place à l'audace et à la prise de risques. Les petites et moyennes nations, comme la Géorgie, la Namibie, la Roumanie voire les Tonga se sont inspirées de l'exemple japonais. Mieux préparées et mieux encadrées, ces équipes, constituées de joueurs évoluant souvent en Europe, ont bien résisté face aux mastodontes. Les scores écrasants ont disparu. Et même l'Uruguay et ses quatre joueurs professionnels a bien résisté avant d'encaisser plus de 50 points à trois reprises.

. Une réussite populaire et commerciale. Présentée avant même le match d'ouverture comme "The biggest and best ever" (la plus grande et la plus belle jamais organisée), cette Coupe du monde a permis de battre des records de fréquentation. Quelque 2,4 millions de spectateurs au total se sont rendus dans les stades (contre 2,2 en France en 2007), avec en prime un record pour un match de Coupe du monde (89.267 pour Irlande-Roumanie à Wembley le 27 septembre). Et World Rugby a déjà annoncé des bénéfices records.

. Les vieux se portent bien. Ils sont Néo-Zélandais (Richie McCaw, Dan Carter, Ma'a Nonu), Australiens (Matt Giteau, Adam Ashley-Cooper), Sud-Africains (Victor Matfield, Schalk Burger)... Ils sont tous trentenaires, ont pour la plupart dépassé le cap des 100 sélections et accusent plus de dix ans sur la scène internationale. Tous ont démontré que l'expérience et le vécu constituaient un sacré atout dans une Coupe du monde. Le secret de la longévité? Peut-être d'observer une période de coupure, pour éviter la lassitude physique et mentale.

. On ouvre. Le beau temps et les terrains secs ont favorisé la pratique d'un jeu ouvert et par ricochet précipité l'élimination des nations aux plans restrictifs, comme la France. 271 essais ont été marqués, soit 5,64 de moyenne par match. Soit un peu plus que lors de l'édition 2011 (262) où quelques gros scores avaient contribué à faire monter largement la moyenne.

. Vivement 2019. Le Japon, éliminé au premier tour malgré trois victoires, l'Argentine, séduisante demi-finaliste, voire l'Ecosse ou le pays de Galles, sortis en quart de finale, peuvent nourrir de grands espoirs en vue du Mondial-2019 au Japon. Ainsi, les Argentins présentent une équipe très jeune, incarnée par le capitaine Agustin Creevy ou l'ailier Santiago Cordero qui, avec quatre ans de vécu collectif supplémentaire, pourra prétendre au titre dans quatre ans. Les Ecossais, dans le sillage du centre Mark Bennett, de l'ouvreur Finn Russell ou du capitaine Greig Laidlaw, ou les Gallois, inspirés par Dan Biggar et Sam Warburton seront aussi à surveiller.

LES FLOPS

. Dernier carré sans l'hémisphère nord. Pour la première fois en huit Coupes du monde, l'hémisphère nord n'était pas représenté en demi-finale. Les Anglais sont tombés dès la phase de poules, victimes de la pression et d'une mauvaise décision de leur capitaine Chris Robshaw face aux pays de Galles. Les Irlandais, mais surtout les Gallois et les Ecossais ont échoué aux portes des demi-finales. En revanche, le mal est plus profond pour le XV de France, balayée par les All Blacks (62-13) en quart de finale et en pleine réflexion sur l'articulation clubs/équipe nationale.

. Aseptisé... La Coupe du monde a permis à World Rugby d'empocher 210 millions d'euros qui seront redistribués aux nations participantes. Le Mondial s'est donc transformé en formidable machine à cash. Mais le rugby a un peu perdu de son authenticité. Les joueurs se sont entraînés à l'abri des regards et de la presse. Et les contacts avec la population locale ont été extrêmement réduits.

. Robshaw, Michalak, Burgess... La faillite de la France et de l'Angleterre est directement liée à certaines contre-performances individuelles. Le capitaine du XV de la Rose Chris Robshaw a pris une mauvaise décision --préférant une pénaltouche à une pénalité-- qui a précipité la défaite face aux Gallois et l'élimination. Le centre anglais Sam Burgess, venu du XIII, était annoncé comme l'une des possibles vedettes du Mondial. Il a été (très) décevant. Côté français, Frédéric Michalak a pointé absent lors des deux matches décisifs face à l'Irlande et aux All Blacks. Et Mathieu Bastareaud, limité au rôle de bulldozer, a incarné l'impasse tactique dans laquelle étaient les Bleus.

. Quatre jours! Le calendrier a une nouvelle fois faussé la compétition en imposant aux équipes, une fois pendant la phase de poules, de jouer à deux reprises en l'espace de cinq jours. Cette règle, qui vise à réduire un peu la première phase, a pénalisé surtout les petites équipes. L'Ecosse aurait-elle battu si largement le Japon le mercredi (45-10) si les joueurs de l'archipel n'avaient pas tout donné le samedi précédent face aux Springboks? De plus, en fatiguant à outrance les organismes, le calendrier a favorisé les nombreuses blessures graves constatées lors de la première phase.

pga/jmt/mam