NOUVELLES
31/10/2015 10:15 EDT | Actualisé 31/10/2016 01:12 EDT

Mondial-2015 - Les All Blacks témoins du mariage solide du rugby et de l'argent

Les All Blacks, vainqueurs de l'Australie (34-17) en finale samedi à Twickenham, sont devenus la première équipe triple vainqueur de la Coupe du monde, lors d'une huitième édition qui a scellé définitivement le mariage du rugby et de l'argent.

Quatre ans après la première édition très amateur en 1987, l'IRB, future World Rugby, s'était dotée d'une société commerciale (RWC Limited) pour tirer au mieux profit de la Coupe du monde en 1991.

Les rentrées d'argent ont crû progressivement, jusqu'à amorcer une petite décrue en 2011 lors du Mondial en Nouvelle-Zélande, en raison du marché réduit et de l'éloignement du foyer "nourricier" du rugby: l'Europe.

La huitième édition marque à ce titre une accélération de l'histoire. Le Mondial-2015 a permis à World Rugby de dégager 150 millions de livres (210 M EUR) de ressources pour financer le rugby, via une redistribution en direction des nations participantes.

"Le produit net, c'est 150 millions de livres de ressources pour World Rugby, record battu de loin", s'est félicité le président Bernard Lapasset, quelques heures avant la finale.

Selon Brett Gosper, directeur exécutif de World Rugby, les 150 millions de livres seront redistribuées selon le modèle suivant: 8,5 millions de livres (11,9 M EUR) sur quatre ans pour chacune des dix équipes du Tier 1 (celles participant au Tournoi des six nations en Europe et au Four Nations dans l'hémisphère sud); 5 millions de livres (7 M EUR) sur quatre ans pour chacune des dix équipes du Tier 2, c'est à dire les dix autres nations ayant participé à la Coupe du monde (Samoa, Fidji, Japon...).

-Faire appel 'au monde des affaires'-

"Ca fait donc 85 millions (119,1 M EUR) en tout pour le Tier 1, 50 millions (70,1 M EUR) pour le Tier 2 et 28 millions (39,2 M EUR) pour les autres membres", a précisé M. Gosper. "Il faut dire que 85% des revenus viennent du Tier 1 donc c'est une vraie redistribution", a-t-il ajouté.

M. Lapasset a également mis en avant les bons résultats de la billetterie, avec quelque 2,4 millions de billets vendus.

Bernard Lapasset est ainsi convenu qu'il était vital pour World Rugby d'élargir ses marchés et de trouver des nouvelles sources de revenus, alors qu'un élan est né au Japon durant cette Coupe du monde à la faveur des bons résultats de l'équipe nationale.

"La France et l'Angleterre alimentent 80% des produits que l'on met sur le marché international", a-t-il remarqué. "Il faut donc que l'on diversifie nos ressources, que l'on aille chercher des éléments de financement ailleurs. On doit réfléchir à nos produits, à l'image que l'on veut mettre en place, nos liaisons avec nos partenaires. On pourrait même éventuellement recourir aux fonds de pension..."

"On a fait appel à des conseillers extérieurs, des gens qui viennent du monde des affaires et qui viennent dans les groupes de travail pour réfléchir à nos produits", a ainsi précisé M. Lapasset.

-Sortie majuscule pour Carter-

Et le rugby dans tout ça? La finale, pour laquelle les 80.125 places disponibles à Twickenham avait été vendues, a offert un match plein et intense, ponctué par cinq essais au total et éclaboussée par la classe de Dan Carter, auteur de 19 points le jour de sa 112e et dernière sélection sous le maillot des All Blacks.

Dimanche, World Rugby dévoilera le nom du "joueur de l'année", récompense pour laquelle il est en course avec notamment trois autres joueurs qui prenaient part à la finale; son coéquipier chez les All Blacks Julian Savea, ainsi que les Australiens David Pocock et Michael Hooper. Pas besoin d'être devin... Le vainqueur sera sûrement le désormais "futur ex" numéro 10 des All Blacks.

jmt-pga/mam