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31/10/2015 12:12 EDT | Actualisé 31/10/2016 01:12 EDT

Les "boîtes noires", le sésame pour comprendre un crash

Les "boîtes noires", qui enregistrent toutes les données d'un vol, y compris les conversations dans le cockpit, révèlent des informations cruciales et des axes d'enquêtes pour déterminer les causes d'un accident aérien.

Les autorités égyptiennes ont retrouvé les deux boîtes noires -- l'enregistreur de voix et celui contenant l'ensemble des paramètres du vol -- de l'avion charter russe qui s'est écrasé samedi dans la péninsule du Sinaï, faisant 224 morts.

Mais elles n'ont pas précisé dans quel état elles se trouvaient.

Les boîtes récupérées vont être analysées par des experts, dont ceux du Bureau français d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA) qui seront dépêchés sur place dimanche.

Le délai pour exploiter les boîtes noires, appelées FDR (Flight Data Recorder) et CVR (Cockpit Voice Recorder), dépend avant tout de leur état.

L'enregistreur de voix, qui fonctionne comme un magnétophone, contient jusqu'à deux heures de conversation (les voix du commandant de bord, du copilote, les bruits d'ambiance dans l'avion, les communications internes à l'avion c'est-à-dire entre le chef de cabine et différents hôtesses et stewards ou entre le poste de pilotage et le chef de cabine).

L'autre boîte de l'appareil (FDR) enregistre seconde par seconde tous les paramètres sur une durée de 25 heures de vol (vitesse, altitude, augmentations de puissance moteur, les inclinaisons, les variations de vitesse trajectoire...).

Le décryptage des boîtes peut "prendre plusieurs jours ou semaines", selon un expert du secteur aéronautique ayant participé à l'enquête de sécurité après l'accident d'avion de Sharm-el-Sheik en 2004.

L'ensemble des paramètres doit être validé avant d'être rendu public.

La première lecture va, dans le cas présent, permettre "relativement vite" de confirmer ou d'écarter par l'exemple l'hypothèse d'une atteinte par missile ou une intrusion dans le poste de pilotage, souligne l'expert.

Après, il s'agira d'étudier les différents paramètres pour avoir des certitudes sur la trajectoire avec les mouvements de l'avion.

Dans le cas du crash de l'Airbus A321-200 de la compagnie russe Kogalymavia, plus connue sous le nom de Metrojet, l'équipage étant russe, les conversations devront être traduites.

Grâce aux boîtes noires, près de 90% des accidents peuvent être expliqués.

Ces enregistreurs, introduits dans l'aviation à partir des années 1960, se trouvent à l'intérieur de boîtes métalliques renforcées, conçues pour résister à des chocs extrêmement violents, à des feux intenses et à de longues immersions en eau profonde.

Après 23 mois immergées à 3.900 mètres de profondeur dans l'océan Atlantique, les données contenues dans les boîtes noires du vol Air France AF447 Rio-Paris avaient pu être intégralement recueillies, ce qui avait permis de lever le voile sur le mystère du crash du 1er juin 2009.

D'un poids de sept à dix kilogrammes chacune, elles sont en fait orange avec des bandes blanches réfléchissantes, afin de les rendre plus visibles. Les données sont protégées par une enceinte blindée qui assure leur protection en les préservant des grandes immersions (jusqu'à 6.000 mètres) ou d'expositions à très forte température (1 heure à 1.100°C).

Le support de données des tout premiers enregistreurs de vol était du papier photographique protégé dans une enceinte noire, d'où l'expression "boîte noire".

Celles-ci sont équipées d'une balise qui se déclenche en cas d'immersion et émet un signal à ultrason toutes les secondes pendant une durée d'au moins 30 jours consécutifs avec une portée de détection moyenne de 2 km.

De nouvelles boîtes noires, éjectables et flottantes, vont prochainement équiper les Airbus A350 et A380, ce qui permettra de localiser plus facilement les avions abîmés en mer.

bur-pan/fka/abk