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31/10/2015 05:59 EDT | Actualisé 31/10/2016 01:12 EDT

La Turquie, pays musulman entre l'Europe et l'Asie

La Turquie, où se déroulent le 1er novembre des élections législatives anticipées, est un pays musulman membre de l'Otan depuis 1952 et candidat à l'Union européenne (UE), dirigé depuis treize ans par des islamo-conservateurs.

- Entre Europe et Asie -

A cheval entre l'Asie et l'Europe, baignée par les mers Noire, de Marmara, Egée et Méditerranée, la Turquie (783.562 km2 à 97% en Asie mineure) est frontalière notamment de la Syrie et la Grèce.

Ce pays musulman majoritairement sunnite accueille plus de 2 millions de réfugiés syriens pour une population de 78 millions d'habitants.

Il occupe une position-clé dans la crise des migrants que connaît l'UE à laquelle il est candidat depuis 2005. Il réclame au moins 3 milliards de dollars pour mieux contrôler le flux de migrants.

Membre de l'Otan, il est également bien situé pour le combat contre le groupe Etat islamique (EI) de la coalition menée par Washington mais a attendu près d'un an, jusqu'en juillet, pour participer aux frappes en Syrie et ouvrir ses bases aux avions américains de la coalition antijihadiste.

A l'instar de l'Arabie saoudite, il critique l'intervention russe en Syrie lancée le 1er octobre qui a donné lieu à plusieurs incidents aériens à sa frontière.

Ses forces armées comptent 510.600 hommes (International Institute for Strategic Studies 2015). La capitale Ankara rassemble environ 5 millions d'habitants mais sa principale ville est Istanbul, l'ancienne Constantinople, avec plus de 15 millions d'habitants.

- Une vie politique agitée -

Après la chute de l'Empire ottoman durant la Première Guerre mondiale, Mustafa Kemal Atatürk proclame le 29 octobre 1923 la République turque qu'il dirige jusqu'à sa mort en 1938 et modernise.

Le multipartisme est introduit en 1946 mais la vie politique est marquée par trois coups d'Etat militaires suivis de dures répressions (1960, 1971 et 1980).

La Constitution affirme le principe de laïcité. Le président élu a des fonctions surtout honorifiques mais l'actuel chef de l'Etat islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, élu en 2014 au suffrage universel direct, souhaite renforcer les prérogatives.

Le Parti de la justice et du développement (AKP) de M. Erdogan a perdu le 7 juin la majorité absolue qu'il détenait depuis novembre 2002 au Parlement monocaméral (550 députés). Faute de coalition, le président a convoqué des législatives anticipées pour le 1er novembre.

L'opposition l'accuse de jouer sur la peur alors que le pays subit depuis juillet de graves violences avec la reprise du conflit kurde sur fond de guerre en Syrie et une série d'attentats sanglants dont le dernier, à Ankara le 10 octobre, attribué à EI par les autorités, est le pire de son histoire (102 morts).

Ankara a lancé le 24 juillet une "guerre contre le terrorisme", affirmant viser simultanément EI et la guérilla du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) avec lequel une trêve de près de trois ans a volé en éclats. Le conflit kurde a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.

- Croissance ralentie -

Depuis les années fastes 2010 et 2011 où la croissance a dépassé 8%, l'économie a sérieusement ralenti (2,9% en 2014), victime de la crise de la zone euro, des guerres à ses frontières en Irak et en Syrie et des tensions politiques persistantes qui pèsent sur le pays avec la reprise des affrontements entre l'armée et la rébellion kurde.

Les déficits publics restent élevés, l'inflation aussi et la livre turque (LT) s'échange à des niveaux historiquement bas face au dollar et à l'euro.

lch/vdr/pa/st