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31/10/2015 03:06 EDT | Actualisé 31/10/2016 01:12 EDT

Incendie à Bucarest: le chef de l'Etat pointe un non-respect de la règlementation

Le président roumain Klaus Iohannis a mis en cause samedi le non-respect de la règlementation après le terrible incendie survenu la veille dans une discothèque de Bucarest qui a fait 27 morts, la plupart des jeunes.

"Je suis triste, bouleversé mais aussi révolté qu'une tragédie d'une telle ampleur ait pu se produire au milieu de Bucarest", a déclaré le chef de l'Etat, affirmant que les autorités avaient "déjà des indices montrant que la réglementation légale n'a pas été respectée".

"J'espère que les autorités mèneront leur enquête avec rapidité et fermeté", a-t-il ajouté.

Le gouvernement a annoncé "un deuil national de trois jours" après ce drame, le plus grave du genre dans la capitale roumaine.

Plusieurs centaines de jeunes - entre 200 et 400, selon différents témoins - s'étaient donné rendez-vous dans la boîte de nuit "Colectiv" pour un concert du groupe de hard rock roumain "Goodbye to Gravity", qui faisait la promotion de son nouvel album à la veille d'Halloween.

Une explosion s'est produite pendant un show pyrotechnique, ont indiqué des témoins cités par les médias locaux.

Un pilier et une partie du plafond se sont enflammés, et le feu s'est propagé rapidement via les matériaux d'isolation acoustique. Une épaisse fumée s'est alors dégagée dans la discothèque, semant la panique dans la foule.

De nombreux blessés souffrent de blessures aux jambes, après avoir été piétinés dans une bousculade, et d'intoxication, et pour les plus grièvement touchés de brûlures sévères, selon les autorités sanitaires.

Le bassiste et le chanteur du groupe seraient également grièvement blessés, selon la chaîne de télévision locale Antena 3.

- 'Chaos total' -

"Les gens s'évanouissaient, ils s'évanouissaient à cause de la fumée. C'était un chaos total, les gens se piétinaient", a déclaré Victor Ionescu, à la chaîne privée.

Selon un autre témoin Alin Panduru, le feu s'est propagé "en l'espace de 30 secondes".

"Les gens n'ont pas pu sortir de la discothèque car il n'y avait qu'une seule sortie ouverte et que la bousculade s'est formée immédiatement", a-t-il raconté au site d'information Hotnews.

Selon plusieurs médias, l'autre porte de sortie était fermée au moment du drame.

Vingt-sept personnes, la plupart des jeunes, sont décédées, 26 sur place et une à l'hôpital, a précisé le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Raed Arafat.

Dix-sept d'entre elles n'ont pas été encore identifiées, a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse samedi à l'issue d'une réunion du comité national pour les situations d'urgence.

La plupart des victimes n'avaient pas de documents d'identité sur elles, ce qui a compliqué leur identification.

Actuellement, 146 personnes sont hospitalisées, a-t-il ajouté, dont cinq restaient encore à identifier. Au total, près de 200 personnes ont été blessées, a-t-il estimé.

Selon une source médicale, 10 personnes se trouvent dans un état critique. "Le pronostic vital est très sombre", a déclaré un représentant de l'hôpital Arsi de Bucarest lors d'un point presse.

Le ministère de l'Intérieur a mis à la disposition des familles plusieurs numéros de téléphone pour qu'elles puissent s'informer sur leurs proches.

Plus de 500 pompiers, gendarmes, policiers et secouristes ont été mobilisés pour venir en aide aux victimes, a précisé ce dernier.

Répondant à des appels sur Facebook et du ministre de la Santé Nicolae Banicioiu, des centaines de Bucarestois se sont mobilisés pour donner leur sang.

Très tôt samedi, de longues files d'attente s'étaient formées devant plusieurs hôpitaux et centres de transfusion de la capitale.

ilp/alc