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31/10/2015 05:38 EDT | Actualisé 31/10/2016 01:12 EDT

France: un ex-médecin condamné pour euthanasie fait une tentative de suicide

Un ex-médecin urgentiste, condamné il y a une semaine à deux ans de prison avec sursis en France pour avoir donné la mort à une patiente en fin de vie, a fait samedi une tentative de suicide, et se trouve entre la vie et la mort.

Nicolas Bonnemaison, 54 ans, avait été condamné en appel samedi dernier par la justice française pour avoir délibérément donné la mort en avril 2011 à une patiente de 86 ans plongée dans le coma après un accident vasculaire cérébral.

Il avait été acquitté lors d'un premier procès en juin 2014, mais le ministère public avait fait appel du verdict.

L'ancien praticien, radié de l'ordre des médecin, a été retrouvé samedi matin inanimé dans un véhicule, près de Dax (sud-ouest), après avoir apparemment absorbé des médicaments. Il a été transporté en hélicoptère à l'hôpital de Bordeaux.

Le cas de Nicolas Bonnemaison est l'une des affaires qui a contribué à relancer en France le débat sur la fin de vie.

Lors de ses deux procès, très médiatisés, Nicolas Bonnemaison, avait martelé qu'il n'avait administré des injections que dans le seul but de "soulager, pas tuer", des patients agonisants, même s'il savait que l'effet serait d'accélérer la mort.

L'ex-urgentiste avait d'ailleurs été acquitté pour six autres patients, eux aussi incurables et en fin de vie, auxquels il était également accusé d'avoir donné la mort, avec des injections létales.

Nicolas Bonnemaison était apparu éprouvé par ce deuxième procès.

"Je suis effondré, mais pas surpris", a déclaré samedi à l'AFP un témoin au procès, le Dr Frédéric Chaussoy, qui fut lui même poursuivi en 2003 dans un cas d'euthanasie célèbre (celui du jeune handicapé Vincent Humbert), où il obtint un non lieu. "C'est gravissime, il paye l'acharnement judiciaire", a-t-il ajouté.

Depuis le premier procès de Nicolas Bonnemaison, une nouvelle loi initiée par le président socialiste François Hollande a été adoptée, instaurant un "droit à la sédation profonde et continue", un endormissement jusqu'au décès pour les malades incurables en phase terminale.

Mais l'euthanasie et/ou le suicide assisté reste interdits en France contrairement à d'autres pays européens (Belgique, Pays-Bas, Suisse...).

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