NOUVELLES
30/10/2015 21:45 EDT | Actualisé 30/10/2016 01:12 EDT

Christie's and Sotheby's au coude à coude pour les enchères d'automne à New York

Après des ventes record en mai, la saison d'automne des enchères à New York devrait apporter une nouvelle preuve de la vitalité du marché de l'art, les maisons Sotheby's et Christie's faisant quasiment jeu égal, selon leurs prévisions.

Près de six mois plus tard, ces journées de mai restent dans les mémoires. En quelques heures, 2,61 milliards de dollars ont été dépensés pour acquérir quelques dizaines d'oeuvres d'art, vendues aux enchères à New York.

Des records sont tombés en pagaille, dont celui du tableau le plus cher de l'histoire, "Les Femmes d'Alger (version O)", un Picasso adjugé pour 179 millions de dollars.

Cette saison, Sotheby's et Christie's tablent sur un milliard de dollars chacun, la seconde prévenant qu'il s'agissait d'une estimation basse, lors de ces enchères qui se tiendront du 4 au 13 novembre.

En vedette, le "Nu couché" d'Amedeo Modigliani (1917-1918), dont Christie's anticipe qu'il flirtera avec le seuil des 100 millions de dollars, ce qui en ferait l'une des dix oeuvres les plus chères jamais vendues aux enchères.

Ce tableau est celui d'une femme "sûre d'elle", à laquelle le teint et le grain de peau donnent également un côté chaleureux, selon Jessie Fertig, coresponsable de la vente consacrée au thème de la muse.

Côté Sotheby's, la pièce maîtresse est un autre nu de femme, "La Gommeuse" (1901/1903) de Pablo Picasso, peinte durant sa période bleue, estimée 60 millions de dollars.

"Il n'en reste plus qu'une poignée détenues par des collectionneurs privés", explique, au sujet des toiles de cette période, Jeremiah Evarts, responsable des ventes en soirée pour l'impressionnisme et l'art contemporain de Sotheby's.

Bien qu'ayant produit plus de 16.000 tableaux et dessins durant sa vie, le maître espagnol continue d'attirer les acheteurs du monde entier.

Pour Jeremiah Evarts, "c'est comme s'il était huit artistes à la fois", ayant évolué comme aucun autre au cours de sa longue carrière.

Sotheby's proposera également à la vente la "Femme assise sur une chaise" (1938), une toile cubiste de Picasso ayant appartenu au couturier italien Gianni Versace et estimée entre 25 et 35 millions de dollars.

- De Courbet à Koons -

Peinture et sculpture se mélangent, durant ces ventes, de même que les époques, de la "Femme nue couchée" du Français Gustave Courbet (1862) au Balloon Swan (Yellow) de l'Américain Jeff Koons (2004-2011), statue d'un cygne jaune rutilant en fausse baudruche de plus de trois mètres.

Les deux oeuvres, au menu des enchères de Christie's, sont estimées dans la même fourchette, entre 25 et 35 millions de dollars.

A leur manière, les deux artistes ont peut-être en commun d'avoir repoussé certaines frontières.

"Courbet était en avance sur son temps. Sa peinture était aussi considérée comme un peu scandaleuse", relève Jessie Fertig.

Chez Sotheby's, le plateau a été sensiblement renforcé par l'inclusion de la collection d'Alfred Taubman. Ancien actionnaire majoritaire de Sotheby's de 1983 à 2005, il est décédé en avril dernier.

Les pièces de sa collection qui seront vendues par Sotheby's sont estimées à plus de 400 millions de dollars. Parmi elles figurent plusieurs Degas, Schiele, Rothko, Bacon ou Picasso.

Au total, les ventes devraient, une nouvelle fois, faire la démonstration de la croissance ininterrompue du marché de l'art.

En 2014, les ventes d'art ont atteint le chiffre record de 51 milliards d'euros, en hausse de 7% par rapport à l'année précédente, selon le TEFAF, la plus grande foire d'antiquaires au monde.

"Le marché de l'art n'a jamais été aussi diversifié", en termes d'offre et d'acheteurs, explique à l'AFP Michael Macaulay, vice-président de Sotheby's.

"Il y a dix ans, une oeuvre d'un artiste abstrait américain aurait probablement terminé aux Etats-Unis. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas", poursuit-il.

Pour autant, il considère que le marché n'est pas "devenu fou". Pour lui, "le marché de l'art explose, mais les gens continuent de regarder ce qu'ils achètent."

tu/faa/plh