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31/10/2015 08:29 EDT | Actualisé 31/10/2016 01:12 EDT

Burundi: la police tire sur un bus, faisant entre un et 16 morts, selon les sources

Une personne, selon la police, a été tuée samedi près de Bujumbura, la capitale du Burundi, quand des policiers ont tiré sur un bus revenant d'un enterrement, des témoins évoquant eux un bilan pouvant aller jusqu'à 16 morts.

Une personne a été tuée dans des échanges de coups de feu entre les policiers et des "criminels armés" présents dans le bus et dans trois autres véhicules qui suivaient, a indiqué à l'AFP le porte-parole de la police, Pierre Nkurikiye.

Mais ce bilan a été fortement contesté par de nombreux témoins contactés par l'AFP, qui ont évoqué entre 10 et 16 morts, et assuré qu'aucun coup de feu n'avait été tiré depuis le bus.

Un haut gradé de l'armée, sous le couvert de l'anonymat, a lui fait état auprès de l'AFP de "trois morts et plusieurs blessés".

Selon M. Nkurikiye, la police aurait reçu des informations selon lesquelles la personne inhumée, un Rwandais prénommé Théoneste, était le chef d'un groupe qui avait mené cette semaine une attaque contre une position de police près du centre de jeunesse du quartier de Kamenge, dans le nord-ouest de Bujumbura.

La police a laissé les funérailles avoir lieu au cimetière de Mpanda, situé non loin de l'aéroport de Bujumbura, à une quinzaine de kilomètres de la capitale. Mais elle a ensuite attendu le convoi funéraire dans la localité proche de Buringa.

"Lorsque la police a voulu arrêter ce bus, les malfaiteurs qui étaient à l'intérieur se sont mis à tirer et les policiers ont riposté", a affirmé M. Nkurikiye, qui a précisé que des hommes armés présents dans deux des autres véhicules s'étaient enfuis en tirant en l'air.

La version de la police a été récusée par de nombreux témoins interrogés par l'AFP.

D'après un jeune qui revenait également de cet enterrement et suivait le bus dans un autre véhicule, une cinquantaine de civils, dont des femmes et des enfants se trouvaient à l'intérieur, et il n'y avait aucune arme à bord.

Le jeune qui venait d'être inhumé aurait été tué d'une balle perdue deux jours plus tôt, selon cette même source.

Depuis deux mois, les positions de police sont régulièrement attaquées par des "bandes de criminels", le terme officiel désignant une rébellion naissante issue de la contestation du troisième mandat du président Pierre Nkurunziza.

La volonté acharnée de M. Nkurunziza - au pouvoir depuis 2005 et réélu en juillet dernier - de conquérir un troisième mandat, malgré les critiques de l'opposition, de la société civile et de la communauté internationale, a plongé ce pays d'Afrique des Grands Lacs dans une grave crise politique, émaillée de violences meurtrières.

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