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31/10/2015 04:08 EDT | Actualisé 31/10/2016 01:12 EDT

A Saint-Pétersbourg, les proches sous le choc après le crash en Egypte

"Je vais espérer qu'ils sont vivants jusqu'au bout"... Les proches des passagers de l'avion qui s'est écrasé en Egypte accusaient le choc samedi à l'aéroport Poulkovo de Saint-Pétersbourg, où l'appareil devait ramener des touristes de la station balnéaire de Charm el-Cheikh, prisée des Russes.

Le président Vladimir Poutine a déclaré une journée de deuil national dimanche et exprimé ses "profondes condoléances" aux proches des victimes du crash de l'avion, qui s'est écrasé dans le Sinaï égyptien avec 224 personnes à bord.

"J'attends mes parents, je leur ai parlé au téléphone quand ils étaient déjà dans l'avion, et puis j'ai entendu les infos", se lamente Ella Smirnova, une jeune femme de 25 ans.

"Je vais continuer d'espérer qu'il sont vivants jusqu'au bout mais peut-être que je ne les reverrai plus jamais", lâche-t-elle au milieu d'autres proches de passagers en larmes.

Des ambulances sont arrivées en milieu de journée à l'aéroport situé en périphérie de l'ancienne capitale impériale russe, dans le nord-ouest du pays. Les autorités ont affrété des bus pour transporter les familles dans un hôtel proche.

"Je ne comprends pas ce qui se passe", lâche Anna, une jeune femme de 20 ans, avant d'être emmenée à l'écart par deux employées des services des secours.

L'Airbus A321 de la compagnie Kogalymavia s'était envolé à 5H51 locales (3H51 GMT) avec, selon les autorités russes 217 passagers et 7 membres d'équipage, et s'est écrasé 23 minutes plus tard. Ses débris ont été localisés au milieu d'une zone montagneuse du Nord-Sinaï.

Le crash, dont les causes n'ont pas été déterminées, a fait de "nombreux morts" dont des enfants, selon les autorités égyptiennes.

Vladimir Poutine a ordonné l'envoi sur les lieux du crash d'avions transportant des services de secours. Des enquêteurs du Comité d'enquête, chargé des principales investigations en Russie, doivent se rendre sur place ainsi que le ministre des Transports Maxime Sokolov.

- La compagnie montrée du doigt -

Irina Semionova, 35 ans, était venue à Poulkovo attendre son amie Natacha. "Je viens moi-même de rentrer de Charm el-Cheikh, nous avons fait connaissance à l'hôtel... Elle se reposait là-bas avec une amie. Nous avons été en contact pour la dernière fois alors qu'elle était dans les boutiques hors-taxe de Charm el-Cheikh: elle m'a dit qu'elle m'avait acheté du parfum", raconte-t-elle, montrant sur son téléphone une photo de son amie, en maillot de bain et lunettes de soleil.

Selon les agences russes, l'avion avait été affrété par le tour-opérateur Brisco, qui dessert notamment la Turquie et l'Egypte, les destinations touristiques préférées des Russes.

Avec des prix bon marché, les plages égyptiennes continuent d'attirer de nombreux touristes russes, souffrant moins que les autres destinations au moment où la chute du rouble et la récession en Russie se traduisent par une forte baisse des séjours à l'étranger.

La compagnie Kogalymavia, qui opère sous la marque Metrojet depuis 2012, a été créée en 1993 sous le nom Kolavia. Classée 19e en Russie par le nombre de passagers transportés selon les statistiques des autorités aériennes russes, elle exploite deux A320 et sept A321.

L'A321 qui s'est écrasé samedi avait effectué son premier vol en 1997 pour la compagnie libanaise MEA, selon le site spécialisé airfleets.fr, avant d'être exploité par Onur Air, Saudi Arabian Airlines, Onur Air à nouveau puis Kogalymavia depuis 2012.

En 2010, l'un de ses appareils, un Tupolev 154, affrété par la compagnie Taban a effectué un atterrissage d'urgence en Iran, à l'aéroport de Machhad, faisant plusieurs dizaines de blessés.

A Poulkovo samedi, des passagers montraient du doigt la compagnie, comme Angelika qui devait embarquer pour l'Egypte. "On ne sait pas quel avion on va avoir... Si c'est Kogalymavia, nous ne voulons pas partir", a-t-elle déclaré à la télévision publique russe.

Le crash le plus meurtrier ces dernières années en Russie a eu lieu le 17 novembre 2013, lorsqu'un Boeing 737 de la compagnie russe Tatarstan datant de 1990 s'était écrasé à l'aéroport de Kazan (Volga), entraînant la mort de ses 44 passagers et six membres d'équipage. La Russie s'était alors interrogée sur l'état de son parc aérien alors que de nombreuses compagnies régionales exploitent des appareils datant de plusieurs dizaines d'années et déjà utilisés par plusieurs compagnies.

mak-gmo/at