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Le cerveau de Turcotte était en plein dérapage le soir du crime, dit une experte

Guy Turcotte n'avait pas la capacité de former l'intention de tuer lorsqu'il a poignardé à mort ses deux enfants, a déclaré jeudi la psychiatre experte Dominique Bourget à son procès pour meurtre prémédité.

Ses gestes le soir du 20 février 2009 sont le produit d'un cerveau profondément malade, a-t-elle déclaré devant les 11 jurés.

Son cerveau "est en plein dérapage" et ne fonctionne pas comme celui d'une personne normale, a-t-elle ajouté, précisant que Guy Turcotte est à ce moment déconnecté de la réalité.

"Il est dans un état de confusion mentale et est en rupture de contact avec la réalité. Il pense tellement à mourir, il ne pense plus à autre chose."

La psychiatre, qui a été appelée comme témoin expert pour la défense, avait débuté son témoignage mercredi.

Son rôle est crucial dans ce procès puisque l'accusé présente une défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.

Mme Bourget a été reconnue par le juge André Vincent de la Cour supérieure comme experte en psychiatrie ainsi qu'en psychiatrie légale. Elle a notamment une spécialité en homicides intrafamiliaux.

Elle a déclaré mercredi que Guy Turcotte souffrait d'un trouble d'adaptation avec anxiété et humeur dépressive, avec des traits obsessifs-compulsifs, au moment du drame, ce qu'elle a qualifié de "maladie mentale majeure". Elle a aussi affirmé que l'accusé était suicidaire à ce moment.

L'accusé a témoigné la semaine dernière à son procès pour meurtre prémédité qui se déroule à Saint-Jérôme. Il a déclaré que le soir du drame, il a voulu s'enlever la vie et a bu du lave-glace - qui contient du méthanol - dans ce but. Se voyant mourir, il a alors décidé d'emmener ses enfants avec lui, a-t-il déclaré.

Jeudi, elle a expliqué que le soir du drame, l'idée de l'accusé n'était pas de tuer ses enfants.

"Lui, ce n'est pas de tuer à ce moment-là, c'est d'emmener ses enfants avec lui", a expliqué Mme Bourget.

Il s'agit évidemment d'une logique fautive, illogique et irrationnelle, a-t-elle commenté.

Elle a fait valoir qu'un parent qui pense au suicide ne pense pas à tuer, mais plutôt à faire un "suicide élargi". Parce qu'un bon parent ne veut pas abandonner son enfant et le laisser derrière, a-t-elle expliqué.

Guy Turcotte est accusé du meurtre prémédité d'Olivier, cinq ans, et d'Anne-Sophie, trois ans. Il a plaidé non coupable, mais a reconnu avoir tué ses deux enfants.

L'affaire Turcotte en quelques photos

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