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29/10/2015 06:46 EDT | Actualisé 29/10/2015 06:49 EDT

Décès de Carl Shunamon : la CSST blanchit Aetios

Carl Shunamon/Facebook

Ce ne sont pas les conditions de travail du plateau de Ruptures qui ont tué le cantinier Carl Shunamon, le 30 août dernier. C’est ce que stipule un rapport de la CSST (Commission de la santé et de la sécurité au travail) émis mercredi, le 28 octobre.

L’événement qui a coûté la vie au garçon de 34 ans serait plutôt dû à une fausse manœuvre du principal intéressé, qui conduisait alors son propre véhicule.

Parmi les arguments énumérés dans la décision de la CSST, on évoque le fait que Carl Shunamon avait eu trois jours de congé avant que ne se produise l’accident, soit du 25 au 27 août ; que, le 29 août, veille du drame, il avait bénéficié d’un moment de repos de 14 heures ; et que le 30 août, il avait commencé son quart de travail à 9h.

«Nous sommes d’avis que l’employeur avait prévu suffisamment de temps de repos entre les journées de travail précédant l’accident du cantinier, de manière à ne pas entraîner un état de fatigue ou de somnolence du travailleur appelé à conduire son véhicule pour le travail», a conclu l’inspecteur de la CSST, après analyse complète du dossier.

Autre dossier clos

Le vendredi 4 septembre dernier, les techniciens affectés au plateau de tournage de la série Ruptures, produite par Aetios, ont suspendu leur travail et débrayé, en guise de protestation envers les conditions jugées trop exigeantes qui leur étaient imposées.

Le lundi suivant, l’Alliance québécoise des techniciens de l’image et du son (AQTIS), syndicat des techniciens et artisans en télévision et en cinéma d’ici, publiait un communiqué annonçant le décès de Carl Shunamon, suite à l’accident de voiture subi par ce dernier le 30 août, en blâmant directement Aetios et en soutenant que le rythme effréné de la production sur les lieux d’enregistrement de Ruptures était responsable de l’accident.

Par contre, le cantinier n’était pas réellement mort à ce moment. Plusieurs ont condamné l’AQTIS d’avoir véhiculé cette fausse information. Shunamon a finalement rendu l’âme deux jours plus tard, le 9 septembre.

D’ailleurs, Aetios a aussi fait savoir, par voie de communiqué, jeudi, que le dossier de Stéphane Bourdeau, premier assistant-réalisateur de Ruptures, qui avait perdu conscience sur le plateau la journée fatidique du débrayage, a été clos après que l’employé se soit désisté face à sa requête d’indemnisation par la CSST. Une renonciation qui démontre l’absence de lien entre son malaise et les conditions de travail.

Cet été, l’équipe de production de la série Blue Moon, autre projet d’Aetios, se sont aussi plaints de la cadence de boulot à laquelle ils devaient se soumettre.

Lisez ou relisez ici notre compte-rendu des tensions entre Aetios et l’AQTIS

Lisez ou relisez, aussi, notre dossier sur les conditions de travail des artistes au Québec.

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