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24/10/2015 12:28 EDT | Actualisé 24/10/2016 01:12 EDT

Transat Jacques Vabre - O Canada: le Vendée Globe en toile de fond

Ils n'ont certes aucune chance de gagner la Transat Jacques Vabre (TJV), la course en double qui part dimanche du Havre pour le Brésil, mais les Canadiens Eric Holden et Morgen Watson ont déjà réussi leur pari: être au départ pour populariser la voile océanique dans leur pays.

C'est sans doute l'un des plus petits budgets des 42 bateaux qui s'élanceront dimanche pour Itajai. Et, sans méchanceté aucune, ça se voit...

A 24 heures du départ, un aimable foutoir régnait samedi sur le pont d'O Canada, le plan Owen Clarke de 17,9 m mis à l'eau en 2006 et inscrit en classe Imoca, les bateaux du Vendée Globe.

Des bénévoles effectuaient les derniers bricolages, le cockpit du monocoque était encombré de bidons, de sacs et de cordages, les voiles étaient posées en vrac à plat pont. Le drapeau à feuille d'érable flottait fièrement à la poupe du voilier, un spectacle plutôt rare en Imoca où seuls les Canadiens Gerry Roufs (disparu en 1997, lors du 3e Vendée Globe) et Derek Hatfield se sont aventurés dans le passé.

"La voile est dure à vendre au Canada, a expliqué Watson, 26 ans. En particulier la voile océanique. Nous sommes un pays de hockey (sur glace). Les gens n'ont jamais entendu parler de cette course, de notre projet, Canadian Ocean Racing. Ils pensent qu'on est dingues!".

Les deux hommes, originaires de l'ouest canadien -Vancouver (Colombie-Britannique) pour Holden, Calgary (Alberta) pour Watson-, sont arrivés à la voile au Havre (Seine-Maritime), in extremis après avoir été retardés à Newport (Etats-Unis) par l'ouragan Joaquim.

- "Préparez vous à entendre parler de nous" -

"Nous avons trouvé des sponsors privés, dont certains ont traversé l'Atlantique avec nous. Cela montre que notre projet est légitime", a ajouté Watson, qui (comme son co-skipper) a tout de même remporté la Clipper Round the World Race, une course autour du monde en équipage avec escales.

"Nous savons combien la météo peut être intense dans les mers du sud. Nous y sommes allés et avons parcouru des milliers de milles. Mais je n'ai jamais navigué en solitaire", a indiqué Holden, un météorologiste de formation qui veut être au départ du prochain Vendée Globe en 2016. Et "le double est une bonne transition entre l'équipage et le solitaire".

"Face aux nouveaux bateaux, nous n'avons aucune chance, a admis Watson. Mais nous devons finir la course si nous voulons trouver des sponsors. Nous avons déjà parcouru quelque 15.000 milles avec ce bateau et nous le connaissons parfaitement".

"Ce n'est que le début pour Canadian Ocean Racing, a-t-il lancé. Préparez-vous à entendre souvent parler de nous!"

Une flotte de 42 bateaux -dont 20 Imoca- prendra dimanche le départ de la 12e TJV, une régate océanique de 5.400 milles (10.000 km) jusqu'à Itajai.

heg/jgu