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24/10/2015 12:55 EDT | Actualisé 24/10/2016 01:12 EDT

Syrie: Lavrov et Kerry discutent d'une transition politique à la crise

DAMAS, Syrie — Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le secrétaire d'État américain John Kerry ont discuté samedi des moyens pour assurer une transition politique en Syrie impliquant le gouvernement et l'opposition, un jour après d'autres pourparlers avec leurs homologues saoudien et turc à Vienne.

Les chefs de la diplomatie des quatre pays avaient mis de l'avant de nouvelles propositions pour mettre fin à la guerre civile qui secoue le pays depuis 2011, avait expliqué M. Kerry, vendredi. Or, ils demeurent fortement en désaccord sur le sort qui serait réservé au président syrien Bachar el-Assad.

L'entretien téléphonique de samedi entre MM. Kerry et Lavrov a été initié par les États-Unis, a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères.

Selon le porte-parole du département d'État John Kirby, ils se sont concentrés sur leur «volonté partagée d'assurer une transition politique» et ils ont parlé des prochaines rencontres multilatérales sur le sujet.

M. Lavrov a pour sa part annoncé le même jour que la Russie était prête à fournir son appui aérien à l'Armée syrienne libre dans son combat contre le groupe armé État islamique. L'Armée syrienne libre est le principal groupe soutenu par l'occident qui s'oppose au régime el-Assad.

Il a toutefois fait remarquer que les États-Unis ne voulaient pas leur dire où se trouvent l'Armée syrienne libre et les autres groupes d'opposition.

M. Lavrov a qualifié de «grosse erreur» le refus des Américains de coordonner leurs opérations militaires avec celles de la Russie.

«Nous sommes prêts pour une telle coordination, aussi en profondeur que nécessaire», a-t-il déclaré.

La Syrie entre dans la cinquième année de sa guerre civile, qui a tué des centaines de milliers de personnes, et forcé des millions d'autres à se déplacer ailleurs au pays ou en Europe. Le conflit a aussi eu pour effet de faciliter l'arrivée des combattants du groupe armé ÉI au pays.

Le président du Parlement syrien a affirmé samedi que la Syrie, avec ses alliés, la Russie et l'Iran, travaillait à élaborer une solution politique — qui serait déployée en même temps que l'intervention militaire contre les terroristes — notamment en entamant un dialogue avec «l'opposition nationale».

Jihad al-Laham a fait ces commentaires alors qu'une délégation parlementaire de la Russie était en visite à Damas.

Par ailleurs, les Nations unies ont admis samedi avoir envoyé par erreur de centaines de boîtes de biscuits aux civils syriens qui étaient expirés depuis un mois. Le coordonnateur humanitaire de l'ONU en Syrie Yacoub El Hillo a souligné que son équipe prenait l'incident «très au sérieux» et qu'elle travaillait avec ses partenaires pour corriger la situation.