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24/10/2015 05:39 EDT | Actualisé 24/10/2016 01:12 EDT

Les germanophones moteurs au synode des évêques

Les cardinaux germanophones ont joué un rôle très remarqué au synode, fondant sur des argumentations théologiques très poussées les propositions souvent les plus audacieuses, notamment sur les divorcés remariés.

Le groupe "Germanicus" était un des treize groupes linguistiques qui ont travaillé pendant trois semaines sur les défis de la famille chrétienne. Leur apport, alors que le synode n'achève samedi, a été unanimement apprécié.

Comme les autres groupes, "Germanicus" a voté des centaines de "modi" (amendements) à l'unanimité, pour être incorporés dans le document de travail du synode.

Contrairement par exemple aux groupes "Gallicus", francophones, où la cohabitation de prélats européens, africains, canadiens, a rendu les discussions parfois difficiles et a abouti à des recommandations sans grande originalité, les Germanophones (Allemands, Autrichiens, Suisse) ont eu des apports originaux.

Ces cardinaux se sont retrouvés comme en famille: tous de puissants théologiens d'une riche culture qui a vu foisonner depuis longtemps la pensée théologique. Leurs positionnements variés (conservateurs, progressistes, modérés) ne les a pas empêchés de travailler fructueusement: entre l'archevêque de Münich Reinhard Marx et le théologien Walter Kasper, bêtes noires des conservateurs pour leurs ouvertures, le cardinal de Vienne Christoph Schönborn, proche de Ratzinger et promoteur d'une Eglise à l'écoute du monde, et Gerhard Ludwig Müller, gardien sévère du dogme à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) au Vatican.

On parle de la "voie allemande" au synode. Même l'intransigeant Müller ne serait pas fermé à une solution au cas par cas pour certains divorcés remariés civilement qui désirent accéder aux sacrements. L'évêque ou le prêtre pourraient accompagner une personne, victime d'un mariage malheureux, en exerçant le discernement de sa conscience (ce qu'on appelle le "for interne"), à la possibilité de recevoir à nouveau la confession et la communion. Cela sans rompre la doctrine de l'indissolibité du mariage. Si cette proposition était retenue par le synode et par le pape, elle devrait être encore approfondie par une commission de théologiens.

Les cardinaux germanophones se sont distingués par leurs énergiques condamnations des "jugements et images" négatives exprimées par d'autres cardinaux vis à vis des personnes en situation irrégulière. Ils ont aussi souligné que la conception du mariage avait fortement évolué et progressé en 2000 ans de christianisme, et pouvait donc continuer à le faire. D'où, ajoutent-ils, la nécessité d'accorder aux personnes non mariées "un temps de maturation" pour aller vers le mariage, en cessant de leur dire: "c'est tout ou rien".

Ler Germanophones ont aussi contesté la notion de "mariage naturel" universel défendu par les conservateurs, en soulignant que "le mariage naturel a toujours été imprégné de la culture" locale.

jlv/ros