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24/10/2015 00:45 EDT | Actualisé 23/10/2016 01:12 EDT

Législatives polonaises: trois femmes et trois hommes en première ligne

Trois femmes, dont une deviendra probablement Première ministre, et trois hommes: voici les six personnalités marquantes de la campagne électorale pour les législatives polonaises de dimanche.

EWA KOPACZ, 58 ans, Première ministre sortante. Une femme à poigne, propulsée l'an dernier à la tête du gouvernement de centre droit de son parti Plateforme civique (PO) par le départ pour Bruxelles de son prédécesseur Donald Tusk, désigné président du Conseil européen.

Médecin de formation, ancienne ministre de la Santé puis présidente de la chambre basse du Parlement, Mme Kopacz, comme sa formation, pâtit de l'usure de huit années au pouvoir. Malgré une énergie remarquable déployée dans la campagne électorale, son parti vient toujours dans les sondages loin derrière les conservateurs populistes de Droit et Justice (PiS).

JAROSLAW KACZYNSKI, 66 ans, chef incontesté du PiS, ancien Premier ministre en 2006-2007, alors que son frère jumeau Lech était président de la République avant de trouver la mort dans la catastrophe aérienne à Smolensk en Russie en 2010.

Fin joueur politique depuis son rôle clé au sein du syndicat Solidarité à la chute du régime communiste en 1989, excellent orateur, il a autant de partisans que d'adversaires. Adoré par un électorat catholique et xénophobe des petites villes et des campagnes, il est honni par les libéraux et la gauche pro-européenne qui redoutent une répétition de sa manière autoritaire de gouverner d'il y a huit ans.

BEATA SZYDLO, 52 ans, une fidèle de M. Kaczynski qui la pressent au poste de Premier ministre. Mais personne n'est dupe: c'est lui qui exercera le pouvoir réel en cas de victoire.

Diplômé en ethnographie de l'Université Jagellonne de Cracovie, députée du PiS depuis 2005, Mme Szydlo fut chef de la campagne présidentielle réussie de M. Duda. Elle a poursuivi avec la même énergie sa propre campagne électorale, à l'écoute des Polonais mécontents et ne ratant aucune occasion de dénoncer le gouvernement sortant et sa chef.

BARBARA NOWACKA, 40 ans, informaticienne, militante féministe et anticléricale. Elle conduit aux législatives la Gauche unifiée (ZL), une coalition arrivant troisième dans certains sondages, même si son score ne dépasse pas 12%.

Très branchée sur les dossiers sociaux, Mme Nowacka a réussi à rassembler autour d'elle plusieurs formations de gauche rivales. La sympathie qu'inspirent son visage avenant et son comportement, simple et direct, est renforcée par le souvenir de la mort de sa mère, la députée de gauche Izabella Jaruga-Nowacka, dans le crash de l'avion du président Kaczynski.

PAWEL KUKIZ, 52 ans, un chanteur de rock, a créé autour de lui un "front du refus" dénonçant les grands partis. Arrivé troisième à la présidentielle en mai, il a toutes les chances de faire entrer au parlement le parti qui porte son nom, Kukiz'15. Avec ses accents populistes, il est le seul susceptible, bien qu'il s'en défende, de s'allier au PiS de M. Kaczynski.

Populaire auprès des jeunes et connu pour son langage cru aux accents xénophobes, M. Kukiz a pour tout programme la contestation des élites en place et l'introduction du vote uninominal au lieu du système proportionnel actuel, une réforme qui n'intéresse pas beaucoup le public.

RYSZARD PETRU, 43 ans, économiste néolibéral, fondateur du nouveau parti Nowoczesna (Moderne), convoite un électorat pro-européen des classes moyennes, bénéficiaires des transformations de l'après-communisme.

Disciple de Leszek Balcerowicz, l'architecte des réformes économiques polonaises après la chute du régime communiste, M. Petru prône une réforme profonde des finances publiques, sacrifiée jusqu'ici sur l'autel des privilèges sociaux. Il propose notamment un taux unique d'imposition (flat taxe) de 16%, aussi bien sur le revenu et les sociétés que pour la TVA.

mrm/via/sw/plh