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24/10/2015 07:34 EDT | Actualisé 24/10/2016 01:12 EDT

Justin Trudeau invite les partis d'opposition à la conférence de Paris

OTTAWA — Justin Trudeau est peut-être en train de couper l'herbe sous le pied à ses adversaires politiques en les invitant à participer à la Conférence de Paris sur les changements climatiques.

Le premier ministre désigné a déjà invité la chef du Parti vert Elizabeth May à faire partie de la délégation canadienne au sommet des Nations unies qui se tiendra dans la capitale française le mois prochain.

Il prévoit également tendre la main au chef néo-démocrate Thomas Mulcair et au chef du Parti conservateur — que ce soit Stephen Harper ou un chef intérimaire —, et inviter des représentants d'organisations non gouvernementales et environnementales, selon des sources.

Les premiers ministres de toutes les provinces qui ne seront pas en élection cet automne ont également accepté d'accompagner M. Trudeau.

Cette approche inclusive du premier ministre désigné contraste avec celle de l'ancien gouvernement conservateur, qui limitait la participation aux délégations canadiennes aux membres du gouvernement, excluant systématiquement les partis d'opposition.

En 2011, Justin Trudeau, qui n'était pas encore le chef du Parti libéral, avait d'ailleurs traité le ministre de l'Environnement, Peter Kent, de l'époque de «tas de merde» à la Chambre des communes. Celui-ci venait tout juste de blâmer le porte-parole néo-démocrate en matière d'Environnement Megan Leslie pour ne pas avoir participé à la conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Durban, en Afrique du Sud, alors que c'est le gouvernement conservateur qui avait refusé d'accréditer tout membre de l'opposition.

À la conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Varsovie, en Pologne, qui se tenait en 2013, Mme May s'était jointe à la délégation afghane après que le gouvernement Harper eut refusé qu'elle fasse partie de la délégation canadienne. Faire partie de la délégation de l'Afghanistan, plutôt que de participer à la conférence à titre d'observatrice, lui avait permis d'assister à toutes les négociations.

«J'étais une réfugiée environnementale, a déclaré Mme May en entrevue. C'était complètement grotesque ce que M. Harper avait fait.»

La chef des verts a spécifié que l'approche plus inclusive des libéraux n'a rien de surprenant: Justin Trudeau embrasse simplement la tradition voulant que les délégations à des conférences internationales représentent le Canada dans son ensemble, pas seulement le parti qui gouverne.