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24/10/2015 11:28 EDT | Actualisé 24/10/2016 01:12 EDT

Birmanie: Suu Kyi veut des poursuites contre les agitateurs de tensions religieuses

La chef de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi, favorite des législatives historiques du 8 novembre, a appelé samedi à des poursuites contre ses adversaires politiques attisant les tensions religieuses dans la campagne électorale.

"Certaines personnes et organisations utilisent la religion pour créer des divisions parmi les citoyens de notre pays", a-t-elle lancé lors d'un meeting dans sa circonscription de Kawhmu, les accusant de "violer la Constitution".

Dans cette région rurale située à quelques heures de la capitale économique Rangoun qui a fait entrer Suu Kyi au parlement lors de législatives partielles en 2012, l'opposante est allée jusqu'à mettre en cause le gouvernement sortant.

"Nous devons nous interroger sur l'absence d'action des autorités actuelles" et d'application de la loi interdisant d'utiliser la religion dans la campagne, a lancé Suu Kyi devant plus d'un millier de partisans.

Le gouvernement sortant est représenté aux législatives par l'USDP, parti composé d'anciens militaires affichant leur conversion aux réformes depuis l'autodissolution de la junte en 2011.

Des moines bouddhistes radicaux affichant leur soutien à l'USDP comme Wirathu mènent campagne contre Suu Kyi, l'accusant d'être pro-musulmane, dans une tentative d'entraver sa marche vers la victoire lors de ces législatives promises comme les premières démocratiques en un quart de siècle, l'animosité antimusulmane étant un thème porteur en Birmanie.

Suu Kyi, elle-même bouddhiste et membre de l'ethnie dominante des Bamars, a été interpellée lors de son meeting par une villageoise musulmane sur l'égalité de chances pour les minorités religieuses. Elle a assuré: "nous traiterons tout le monde avec égalité" une fois au pouvoir.

Le gouvernement actuel a fait adopter récemment des lois portées par les moines radicaux, limitant notamment les mariages interreligieux. En mars, il a aussi révoqué les cartes d'identité temporaires accordées jusqu'alors à des centaines de milliers de membres de la minorité musulmane apatride des Rohingyas, les privant du droit de vote le 8 novembre.

Suu Kyi elle-même a été très critiquée à l'étranger pour sa prudence (motivée par une volonté de ne pas froisser son électorat majoritairement bouddhiste) dans ce dossier. Son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), pas plus que les quelques 90 partis participant aux législatives, n'a présenté de candidats musulmans.

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