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24/10/2015 08:22 EDT | Actualisé 24/10/2016 01:12 EDT

Afrique du Sud : le gouvernement défend la police après la répression des manif étudiantes

Le ministre de la Police sud-africain a défendu samedi les policiers qui ont dispersé des étudiants à coups de balles en caoutchouc, de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes lors de la manifestation géante de vendredi devant le siège du gouvernement à Pretoria.

"Nos policiers ont fait montre d'un professionnalisme remarquable, même face aux provocations extrêmes d'une partie des étudiants", a déclaré le ministre de la Police Nathi Nhleko dans un communiqué.

"La police a eu la maîtrise nécessaire, mais au bout du compte, elle a dû faire respecter la loi et maintenir l'ordre pour protéger les manifestants pacifiques", a-t-il ajouté.

La manifestation de milliers d'étudiants contre l'augmentation de leurs frais de scolarité a dégénéré lorsque quelques manifestants ont jeté des pierres sur la police et brûlé des toilettes mobiles.

Ces heurts ont eu lieu devant Union Buildings, le siège du gouvernement, où se tenait une réunion entre le président Jacob Zuma, les présidents d'universités et les leaders de la contestation étudiante pour sortir de l'impasse.

Aucune blessure grave n'a été signalée à l'issue des heurts, survenus après plusieurs jours de manifestations qui ont paralysé le fonctionnement des universités dans tout le pays.

Les étudiants ont commencé à manifester la semaine dernière pour protester à travers tout le pays contre l'augmentation des frais de scolarité qui empêchera, selon eux, les plus pauvres d'accéder à l'enseignement supérieur.

Ils ont obtenu gain de cause, puisque le Président Jacob Zuma a annoncé vendredi qu'il n'y aurait "aucune augmentation des frais de scolarité en 2016". Il devait s'adresser directement à la foule mais, suite aux heurts, s'est exprimé dans une allocution télévisée.

Sept manifestants ont été arrêtés à Pretoria, alors que police et étudiants se sont également affrontés au Cap.

L'augmentation des frais de scolarité varie selon les universités. A Witwatersrand, 10,5% d'augmentation étaient par exemple prévus alors que l'année universitaire coûte entre 29.620 rands (1.930 euros) et 58.140 rands (3.800 euros), sans compter le logement ou les fournitures.

L'activisme augmente sur les campus en Afrique du Sud, où les étudiants s'insurgent contre la poursuite des inégalités raciales, le corruption du gouvernement et le chômage des jeunes, 20 ans après la fin de l'apartheid.

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