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24/10/2015 12:12 EDT | Actualisé 24/10/2016 01:12 EDT

Accord entre Israël et la Jordanie sur de nouvelles mesures pour l'esplanade des Mosquées

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a annoncé samedi à Amman un accord entre la Jordanie et Israël sur de nouvelles mesures régissant l'esplanade des Mosquées à Jérusalem, une tentative pour mettre fin à la vague de violences entre Israéliens et Palestiniens.

Parmi les mesures, qui devraient être détaillées en soirée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, figure une surveillance vidéo de 24H/24H de tous les secteurs de l'esplanade des Mosquées. Une suggestion du roi Abdallah II de Jordanie, qualifiée "d'excellente" par M. Kerry.

"Cela va offrir une visibilité et une transparence totales et cela pourrait (...) décourager quiconque veut perturber la sainteté du lieu", a-t-il dit.

Le secrétaire d'Etat américain s'exprimait à l'issue d'entretiens séparés avec le roi et le président palestinien Mahmoud Abbas dans la capitale jordanienne, alors que le gouvernement israélien et l'Autorité palestinienne sont soumis à la pression d'une communauté internationale inquiète d'un éventuel embrasement généralisé.

Samedi encore, une nouvelle attaque a été perpétrée par un Palestinien, qui a été tué par des tirs israéliens après avoir tenté de poignarder un garde d'une compagnie privée posté à un barrage entre le nord de la Cisjordanie occupée et Israël, selon la police israélienne.

Ce décès porte à 53 le nombre de Palestiniens et d'Arabes Israéliens tués depuis le début du mois. Une partie d'entre eux sont des auteurs présumés d'attaques. Côté israélien, huit personnes ont été tuées.

- 'Tourner la page' -

Les Palestiniens et la Jordanie accusent Israël de vouloir changer les règles (le "statu quo") qui régissent l'esplanade des Mosquées depuis 1967, et, au-delà, diviser l'esplanade entre juifs et musulmans. Mais Israël se défend d'un tel projet.

La question du contrôle et de l'accès à l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam également révéré par les juifs comme l'emplacement de leur ancien temple, catalyse les tensions.

Israël est d'accord pour "respecter pleinement le rôle particulier" de la Jordanie, gardienne des lieux saints, selon le statu quo, a précisé le secrétaire d'Etat américain. L'Etat hébreu "n'a pas l'intention de diviser l'esplanade", a assuré M. Kerry.

Il s'est en outre félicité "de la coopération accrue entre les autorités israéliennes et jordaniennes" qui doivent se réunir "prochainement" pour renforcer le dispositif de sécurité sur ce lieu qui cristallise les tensions israélo-palestiniennes depuis des semaines.

M. Kerry a exprimé l'espoir de pouvoir "commencer à tourner la page de cette période très difficile".

- Eviter les 'provocations' -

"Nous devons insister sur l'importance d'éviter les actions et la rhétorique provocatrices et nous devons travailler ensemble (...) pour rétablir le calme", a-t-il dit.

Les mouvements palestiniens avaient appelé vendredi à une "journée de la colère" devenue rituelle après la prière, en Cisjordanie et à Gaza.

A Gaza, des jeunes lanceurs de pierres ont affronté les soldats israéliens près de la barrière de sécurité qui enferme ce territoire. Ces derniers ont riposté par des tirs qui ont fait plus de 120 blessés dont trois journalistes et quatre secouristes, selon des sources médicales palestiniennes. Et un jeune, touché par une grenade lacrymogène la semaine dernière a succombé à ses blessures dans l'enclave palestinienne.

En Cisjordanie occupée, des heurts violents ont également opposé des Palestiniens à l'armée, notamment près de Hébron. Vingt Palestiniens ont été blessés par des tirs, selon les secours palestiniens.

Une Israélienne et ses deux fillettes ont par ailleurs été blessées en Cisjordanie quand leur véhicule a essuyé un jet de cocktail Molotov, a indiqué l'armée israélienne.

La situation a en revanche été calme dans la Vieille ville de Jérusalem par laquelle on accède à l'esplanade des Mosquées. Environ 25.000 musulmans ont participé à la prière alors qu'ils étaient les dernières semaines 10.000 à 15.000, du fait des restrictions d'âge imposées par Israël, a dit à l'AFP cheikh Azzam al-Khatib, chef de la fondation islamique qui administre l'esplanade.

Vendredi, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait plaidé pour une rencontre directe entre MM. Netanyahu et Abbas. "En dépit de la colère et de la polarisation, il est encore temps de s'écarter du précipice", avait-il insisté.

Réuni à Vienne vendredi, le quartette (Russie, Etats-Unis, Union européenne, ONU), fondé en 2002 pour jouer le rôle de médiateur dans le conflit israélo-palestinien, avait appelé Israël à coopérer avec la Jordanie.

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