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23/10/2015 10:58 EDT | Actualisé 23/10/2016 01:12 EDT

Roumanie: la justice classe le dossier du soulèvement anticommuniste de 1989

Les procureurs roumains ont annoncé vendredi avoir classé sans suites un dossier portant sur la mort de 709 personnes lors du soulèvement anticommuniste de décembre 1989, une décision critiquée par ceux qui y avaient participé et par les proches des victimes.

L'enquête avait visé les circonstances dans lesquelles 709 personnes sont mortes et 2.198 autres ont été blessées, dont 1.855 par balles, selon un communiqué du Parquet.

Au total 1.104 personnes sont mortes durant ces événements, dont 162 avant la chute de l'ancien dictateur Nicolae Ceausescu, le 22 décembre, et 942 après.

"Classer un dossier d'une telle importance historique est une décision hallucinante, qui surprend tout le monde (...) c'est comme si on tuait une deuxième fois les héros de décembre 1989", a déclaré à l'AFP Teodor Maries, président de l'Association 21 décembre, annonçant qu'il fera appel de cette décision.

Le Parquet souligne toutefois que "les personnes ayant occupé des fonctions importantes au niveau politique et militaire et qui ont été impliquées entre le 16 et le 22 décembre 1989 dans la coordination et la mise en oeuvre de la répression des manifestations ont déjà été condamnées".

Au total 275 personnes ont été déférées en justice depuis le début 1990 pour leur rôle dans la répression de la "révolution roumaine", indiquent les procureurs.

Selon M. Maries, seules quelques dizaines de personnes ont cependant été condamnées.

Le soulèvement avait éclaté le 16 décembre 1989 à Timisoara, avant de gagner Bucarest le 21 décembre.

Nicolae et son épouse Elena prirent la fuite le lendemain et furent jugés sommairement et exécutés le 25 décembre.

Si les décès enregistrés avant le 22 décembre sont imputés à Ceausescu, qui avait ordonné "la répression brutale des manifestants", avec l'accord des autres leaders du Parti communiste, les événements qui s'en suivirent sont moins clairs.

"La période comprise entre les 22 décembre et la fin de l'année fut marquée par un vide de pouvoir, par la confusion, la panique et le chaos", une situation qui a fait de nombreuses victimes, indiquent les enquêteurs.

Selon eux, une partie des accusations, notamment de "meurtre" et d'"homicide" ont été classées en raison de la prescription ou de "l'absence des faits", tandis que d'autres ont déjà fait l'objet de procès et ont abouti à des condamnations.

at/mr/mr

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