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23/10/2015 15:15 EDT | Actualisé 23/10/2016 01:12 EDT

Réfugiés: le droit d'asile durci dès samedi en Allemagne

L'Allemagne va faire entrer en application dès samedi, une semaine plus tôt que prévu, une loi durcissant les conditions du droit d'asile face à l'afflux sans précédent de migrants cette année.

Le texte, récemment adopté au Parlement en un laps de temps très court devait initialement entrer en vigueur le 1er novembre.

Il a été en fin de compte publié vendredi au Journal Officiel en vue d'être appliqué samedi. Le coordinateur du gouvernement pour le dossier des migrants, Peter Altmeier, a parlé d'"un signal" à l'adresse des candidats à l'asile en Allemagne, interrogé par la chaîne de télévision ARD.

La loi va aboutir à priver - sauf cas exceptionnels - les ressortissants de trois pays supplémentaires des Balkans (Albanie, Montenegro et Kosovo) du droit d'asile en Allemagne. Ces Etats seront désormais considérés comme "sûrs".

Par ailleurs, de nombreuses allocations en argent liquide pour les demandeurs d'asile, le temps que leur requête soit examinée, seront remplacées par des prestations en nature afin de rendre l'arrivée en Allemagne moins attractive pour les migrants.

Enfin, les procédures d'expulsion pour les demandeurs déboutés seront acélérées.

"Nous voulons nous améliorer, et nous améliorer rapidement, encore cette année, en ce qui concerne les expulsions des candidats refoulés à l'asile, qui n'ont pas le droit de rester ici", a souligné Peter Altmaier.

Dans le même temps, un accord semble se dessiner au sein de la coalition gouvernementale de la chancelière Angela Merkel sur la mise en place de centres spéciaux aux frontières - appelés "zones de transit" - pour expulser plus rapidement les migrants ne remplissant clairement pas les conditions du statut de réfugié en Allemagne, comme les migrants économiques.

Le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière a parlé "d'un accord de principe" sur la question, tout en soulignant que "les détails devaient encore être clarifiés".

Le parti social-démocrate, membre de la coalition, s'est pendant longtemps opposé à ces centres en refusant l'idée de "camps" pour réfugiés. Il a finalement accepté tout en soulignant que ces zones seraient installées le plus souvent dans des bâtiments déjà existant.

Le SPD doit compter avec une opinion allemande de plus en plus préocupée par l'aflux de migrants et qui réclame désormais majoritairement davantage de fermeté aux frontières.

L'Allemagne attend 800.000 à 1 million de migrants cette année, contre environ 200.000 l'an dernier.

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