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23/10/2015 05:37 EDT | Actualisé 23/10/2016 01:12 EDT

Migrants: la Slovénie n'exclut plus la construction d'une clôture en cas d'échec de l'UE

La Slovénie, petit pays de la zone Schengen débordé par le flux de réfugiés, n'exclut plus la construction d'une clôture antimigrants si l'UE ne lui apporte pas un soutien suffisant au cours d'un sommet dimanche, a annoncé son Premier ministre, Miro Cerar.

"Nous envisageons également cette option, mais le moment n'est pas venu. Nous espérons toujours une solution européenne, mais si nous perdons espoir à ce niveau-là, si dimanche nous n'obtenons pas suffisamment, alors tout sera possible car nous aurons été laissés tout seuls", a-t-il déclaré à la télévision publique dans la nuit de jeudi à vendredi.

Le dirigeant centriste, jusqu'à présent opposé à une telle éventualité, a insisté sur le fait que la construction d'une clôture à sa frontière croate ne pourrait être envisagée qu'en dernier ressort, y compris pour des raisons opérationnelles.

"La frontière avec la Croatie est longue (670 km), ériger une clôture serait assez compliqué et même si elle est construite, il faudrait que la police et l'armée la gardent en permanence pour éviter qu'elle ne soit franchie illégalement".

La Slovénie espère obtenir, lors d'un mini-sommet UE-Balkans sur la crise des migrants dimanche à Bruxelles, une aide financière de 140 millions d'euros ainsi qu'une assistance logistique et humaine pour faire face au flux. Elle plaide aussi, en amont, pour un contrôle effectif de la frontière gréco-turque de l'UE, décidé par les Vingt-Huit mais qui tarde à prendre forme.

Vendredi matin, 47.510 migrants étaient entrés en Slovénie depuis le 17 octobre, date où le flux s'est détourné vers ce petit pays de deux millions d'habitants, à la suite de la fermeture par la Hongrie de sa frontière croate. Parmi eux, 9.339 sont arrivés au cours des dernières 24 heures.

Tenante de longue date d'une ligne dure dans ce dossier, la Hongrie voisine a d'ores et déjà fermé ses frontières serbe et croate à l'aide de clôtures.

Vendredi, le chef de la diplomatie autrichienne, Sebastian Kurz, a souligné que les clôtures faisaient preuve de leur efficacité. "La question est de savoir si on en veut ou pas", a déclaré le ministre conservateur à la radio publique Ö1.

Il a par ailleurs mis en garde contre le projet de l'UE de laisser en partie à la Turquie le soin de contrôler le flux de migrants vers l'Europe. "L'UE dont protéger elle-même ses frontières extérieures", a-t-il souligné, relevant qu'elle ne devait "jamais se rendre dépendante des autres".

De façon générale, "il est hypocrite de tout faire en Europe pour se montrer accueillant, de donner aux migrants le sentiment qu'ils peuvent se mettre en route pour l'Europe, et en même temps de payer la Turquie pour qu'elle retienne les migrants", a estimé M. Kurz.

Jeudi (bien: jeudi), la ministre de l'Intérieur autrichienne Johanna Mikl-Leitner, en visite au poste-frontière de Spielfeld, où passent la majorité des migrants arrivant de Slovénie, avait pour sa part appelé l'UE à "construire une forteresse Europe".

Ces propos ont toutefois été désavoués par le ministre social-démocrate de la Défense Gerald Klug, qui a dénoncé "une erreur d'appréciation politique".

Quelque 7.000 migrants sont entrés en Autriche depuis la Slovénie jeudi, selon des chiffres de la police autrichienne publiés vendredi. Quelque 4.500 personnes attendaient vendredi matin de pouvoir passer à Spielfeld, selon la police slovène.

Plus en amont, environ 5.000 migrants attendaient pour leur part dans le froid à Berkasovo de pouvoir entrer en Croatie depuis la Serbie, selon le HCR.

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