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23/10/2015 00:45 EDT | Actualisé 22/10/2016 01:12 EDT

Le synode sur la famille risque de faire beaucoup de déçus

Le synode sur la famille, qui doit rendre ses conclusions samedi au Vatican, devrait décevoir les plus conservateurs qui refusent tout accommodement avec la modernité mais aussi les progressistes qui espéraient des révolutions pour les divorcés et les homosexuels.

"Les deux extrêmes seront très déçus", a prédit Romilda Ferrauto, qui rend compte chaque jour à la presse des débats se déroulant à huis clos depuis près de trois semaines. Beaucoup de participants se sont toutefois félicités d'une "ouverture" inédite.

"C'était un synode pastoral. Pas un lieu où changer la doctrine", ont expliqué des cardinaux, pour annoncer par avance aux médias qu'ils seraient déçus par l'absence de résultat sensationnel.

Partagés sur les sujets délicats, ils s'en remettent au pape pour extraire des conclusions du rapport final qu'ils doivent voter samedi.

Selon les porte-parole du synode, il est probable que ce rapport sera adopté par l'assemblée, mais on ne sait pas encore si le pape le rendra public ou non.

François a appelé les 270 évêques à résister à la "mentalité du complot", après la divulgation d'une lettre de 13 cardinaux conservateurs lui reprochant de faire la part belle aux partisans de l'ouverture dans le comité final de rédaction.

Mais la rancoeur et la méfiance des conservateurs se sont encore accrues après un discours, le 17 octobre, où le pape est allé très loin dans la défense de la collégialité et la remise en cause d'une Eglise pyramidale.

Comme par hasard, un journal italien, immédiatement et fermement démenti par le Vatican, a affirmé mercredi que le pape avait une tumeur bénigne au cerveau, comme si quelque mécontent voulait insinuer qu'il n'était pas en mesure d'assumer sa tâche.

Le travail de fond en différents groupes linguistiques a permis aux évêques de bords opposés de mieux se comprendre, alors que les problématiques -- du mariage par étapes en Afrique aux divorcés remariés en Occident -- sont extrêmement diverses.

Plus des deux-tiers des pères synodaux se sont cependant montrés fermement opposés à l'idée d'ouvrir la communion à certains divorcés remariés.

- 'Loi d'airain' de Jean-Paul II -

Le groupe germanophone, moteur dans ce synode, a proposé des critères de discernement de la conscience personnelle pour permettre à certains divorcés, essentiellement les victimes, d'accéder aux sacrements. Ce thème devrait être approfondi dans une commission que nommerait le pape après le synode.

Portée avec fracas par le "coming out" d'un prêtre polonais de la curie à la veille du synode, l'homosexualité n'a pratiquement pas été abordée, certains affirmant qu'elle n'avait pas sa place dans ce synode. Les prélats africains en particulier ont opéré un tir de barrage sur ce thème pour eux tabou.

L'influence du pape Jean Paul II et de son document "Familiaris Consortio" de 1981 dans les débats a aussi révélé la nostalgie d'une partie des pères synodaux pour un pape qui s'était montré ferme sur la doctrine.

"La loi d'airain de Familiaris Consortio a pesé", a commenté à l'AFP un évêque progressiste, amer, au sujet des débats.

"On ne va tout de même pas sortir de ce synode avec un nouveau Familiaris Consortio, 34 ans après, comme si le monde n'avait pas changé", se sont inquiétés certains évêques, a rapporté Mme Ferrauto.

Le texte final cherche à encourager les mariages catholiques réussis par un langage positif et optimiste, mais aussi les familles "blessées": couples séparés, mères célibataires...

Parmi les propositions les plus consensuelles devraient figurer un effort dans la préparation et l'accompagnement des couples avant le mariage religieux, pour que le sacrement "indissoluble" soit reçu en toute connaissance de cause.

Le synode approuvera en outre les décisions de François sur la simplification des procédures de reconnaissance de nullité d'un mariage.

Le rapport final devrait aussi prévoir des mesures pour l'accueil effectif dans les paroisses des personnes qui ne sont pas "en règle" et de leurs enfants.

En revanche, l'idée de "décentraliser" en déléguant au niveau des évêques certaines décisions pour les cas particuliers suscite beaucoup de réticences.

jlv/fcc/plh

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