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23/10/2015 05:36 EDT | Actualisé 23/10/2016 01:12 EDT

Le Rwanda se défend de toute ingérence au Burundi

Le Rwanda s'est défendu des accusations d'ingérence au Burundi, qui lui reproche de vouloir déstabiliser le pouvoir du président Pierre Nkurunziza, et a dit souhaiter une "normalisation" de la relation entre les deux pays.

"Le problème du Burundi n'est pas le Rwanda. Le problème du Burundi est le Burundi", a déclaré la ministre rwandaise des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo lors d'une conférence de presse à Kigali.

Depuis le début de la crise politique au Burundi en avril, avec la forte contestation populaire contre un troisième mandat de M. Nkurunziza - finalement réélu mi-juillet - les relations avec son voisin rwandais n'ont cessé de se tendre.

Le président rwandais Paul Kagame a dès le début de la crise au Burundi adopté une ligne dure à l'égard de M. Nkurunziza, dont il a remis en cause la légitimité.

Depuis, Kigali, la capitale rwandaise, est devenue le refuge de nombreux responsables et militants de l'opposition ou de la société civile burundaise, mais aussi de dissidents du parti présidentiel.

Selon le pouvoir burundais et de nombreux observateurs, un embryon de rébellion burundaise, mise sur pied par des militaires mutins après l'échec de leur tentative de putsch à la mi-mai, est également présent sur le sol rwandais.

Après être longtemps resté silencieux, le Rwanda a indiqué ne pas vouloir se prêter au jeu des accusations.

"On n'est pas dans la logique des échanges d'accusations et de démentis, nous sommes dans la logique de la normalisation avec le Burundi (...) Le Rwanda a opté pour une politique plutôt posée, plutôt calme", a déclaré Mme Mushikiwabo.

"Nous voulons qu'ils (les Burundais) résolvent leurs propres problèmes et après cela nous parlerons de nos relations", a-t-elle ajouté.

Les populations rwandaise et burundaise entretiennent des liens étroits. Elles ont par le passé trouvé refuge dans l'un ou l'autre pays en fonction de la situation sécuritaire dans le leur, comme lors du génocide de 1994 au Rwanda ou pendant la guerre civile burundaise (1993-2006).

Le Rwanda accueille actuellement environ 70.000 réfugiés burundais, selon l'ONU. C'est "le lieu de refuge le plus naturel pour les Burundais (...) Donc naturellement, il devait y avoir des tensions. Ce n'est pas du tout étonnant", a encore estimé Mme Mushikiwabo.

"Les réfugiés sont très politisés et ce que nous essayons d'éviter, c'est que les problèmes et tensions qui existent au niveau du Burundi ne soient transférés sur le territoire rwandais", a-t-elle insisté.

sa-cyb/fra

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