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23/10/2015 05:48 EDT | Actualisé 23/10/2016 01:12 EDT

Le quartier visé par un meurtrier raciste emblématique de la ségrégation en Suède

Le quartier de Trollhättan (sud-ouest de la Suède) visé jeudi par un tueur raciste qui a fait deux morts est emblématique des difficultés du pays à intégrer ses immigrés, victimes de la ségrégation et du chômage.

Kronogården, bâti dans les années 1960 dans une zone boisée en périphérie de cette ville industrielle, cumule de nombreux problèmes sociaux, dont l'échec scolaire.

L'école-collège Kronan, où s'est déroulé l'attaque au sabre, a ouvert ses portes en 2009 et montre les meilleures intentions de la politique de la ville en Suède. Son slogan est "Forum pédagogique des technologies de l'information".

Mais cela n'a rien changé aux handicaps dont souffrent ses élèves, très majoritairement issus de l'immigration: une langue maternelle étrangère, un manque d'attractivité pour les enseignants et un environnement marqué par la petite criminalité.

"Ici les jeunes vont dans des filières techniques, et il n'y a pas de boulot après", déplore Afrim Ajeti, 45 ans, interrogé par l'AFP.

Installé depuis 13 ans, il dit que Kronogården est une mosaïque dessinée par toutes les vagues de migration qu'a connues la Suède depuis un demi-siècle, y compris la dernière, avec une majorité de Syriens, mais aussi des Érythréens et des Irakiens. "Les gens arrivent de partout".

L'enfant du quartier la plus connue, la députée (Parti de gauche) Rossana Dinamarca, a par exemple immigré avec des parents chiliens fuyant le régime de Pinochet.

Amal Al-Hajan, mère de famille de 33 ans, raconte : "En 2003 quand je suis arrivée c'était très bien ici. Maintenant ça s'est dégradé".

"Tous les problèmes dont on parle, c'est la réalité", affirme-t-elle, évoquant les trafics. Mais l'un de ceux qui l'agacent le plus, c'est le racisme. Elle montre du doigt un endroit où des jeunes "se réunissent tous les soirs, ivres, et nous crient des insultes parce qu'on est Arabes".

"C'est un endroit sûr ici. Mais pas après cinq heures du soir", confirme Margareta Hansson, 75 ans.

"Les jeunes passent leur soirée dehors, quand les familles sont à la maison. C'est sûr, il y a du chômage". Et la discrimination à l'embauche que ressentent ceux qui ont une adresse ici? "Ça oui, je peux tout à fait l'imaginer", acquiesce la retraitée.

"Ce n'est pas un bon endroit pour grandir, ici", estime Bahri Berisha, père de famille de 38 ans qui habite un autre quartier du même style, Sylte. "C'est clair que quand on vient d'ici, on subit de la discrimination. Alors je ne comprends pas qu'en plus, un type qui n'est pas du quartier puisse venir armé et tuer les gens".

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