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23/10/2015 00:45 EDT | Actualisé 22/10/2016 01:12 EDT

Le Guatemala, un pays miné par 36 ans de guerre civile

Le Guatemala, pays le plus peuplé d'Amérique centrale, est miné par 36 années de guerre civile, le crime organisé et la pauvreté.

Le pays traverse une crise politique majeure, provoquée par des accusations de corruption à l'égard de hauts dirigeants.

Ce scandale a jeté des milliers de Guatémaltèques dans les rues et contraint à la démission l'ancien président conservateur Otto Pérez alors qu'une élection présidentielle est prévue le 6 septembre.

200.000 MORTS ET DISPARUS LORS DE LA GUERRE CIVILE

Appartenant à la zone maya, sous domination espagnole depuis 1524, le Guatemala devient indépendant en 1821. Dans la première moitié du XXe siècle, il subit une succession de dictatures, avec de courts intermèdes de légitimité constitutionnelle. En 1954, le gouvernement démocratique du président Jacobo Arbenz est renversé par un coup d'Etat militaire, appuyé par la CIA américaine. Des mouvements de guérilla d'inspiration marxiste se forment au début des années 60. Ils sont durement réprimés par l'armée qui favorise l'émergence de groupes paramilitaires d'extrême droite, pratique la politique de la terre brûlée et les déplacements massifs de population indienne. La guerre civile dure 36 ans jusqu'à la signature des accords de paix de 1996.

Selon la Commission pour la vérité historique mise en place après ces accords, la guerre a fait 200.000 morts et disparus (dont 83% appartenaient à des ethnies mayas) et 1,5 million de personnes ont été déplacées ou exilées.

VIOLENCE ET CORRUPTION

Le Guatemala figure en 2014 au 115e rang sur 175 du classement mondial de l'ONG Transparency International sur la perception de la corruption.

Depuis avril 2015, le pays est secoué par un énorme scandale de corruption. L'ex-président Otto Pérez est accusé par la justice d'avoir été à la tête d'une fraude au sein de l'administration douanière, qui a déjà coûté son poste à sa vice-présidente, Roxana Baldetti. Il a été contraint à la démission avant d'être placé en détention provisoire.

Ce pays de 15,8 millions d'habitants (dont 40% d'Indiens et 3,3 millions dans la capitale Ciudad de Guatemala) est également miné par la violence. Il affiche un des taux d'homicides les plus élevés dans le monde, avec 16 meurtres par jour en moyenne, dont près de la moitié sont liés à des luttes de territoires entre bandes impliquées dans le trafic de drogue.

INSTITUTIONS

Le Guatemala est une république constitutionnelle. Le président est élu au suffrage universel pour un mandat unique de quatre ans. Otto Pérez était au pouvoir depuis janvier 2012. Après sa démission, c'est désormais l'ex vice-président Alejandro Maldonado qui va assumer la présidence jusqu'à janvier.

UN PAYS INEGALITAIRE

Le Guatemala est l'économie la plus développée d'Amérique centrale, où la pauvreté domine. La croissance a tourné autour de 3,5% par an au cours des dernières années, soutenue par les exportations de café, de canne à sucre, d'argent et de bananes. Selon la Banque mondiale, le pays possède "un fort potentiel de développement économique grâce au commerce, au tourisme et à l'intégration régionale". Mais le Guatemala est également l'un des pays de la région où les inégalités sont les plus fortes. Selon la Banque mondiale, 53,7% de la population vit sous le seuil de pauvreté et 15% est analphabète (ministère de l'Education). En 2013, il se classait au 133e rang (sur 187 pays) de l'indice de développement humain du PNUD, soit le plus mauvais résultat de l'Amérique centrale.

SITUATION GEOGRAPHIQUE

108.889 kilomètres carrés, frontalier du Mexique, du Belize, du Honduras, du Salvador.

LANGUES

Espagnol (officielle), 21 langues autochtones, principalement mayas.

ber-fm/hdz/plh

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