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23/10/2015 03:47 EDT | Actualisé 23/10/2016 01:12 EDT

La Papouasie assouplit sa politique envers les réfugiés refoulés par Canberra

La Papouasie Nouvelle-Guinée a annoncé vendredi que les réfugiés détenus dans des centres de rétention controversés gérés par l'Australie allaient être autorisés à s'installer dans ce pays d'Océanie.

L'Australie mène une politique d'immigration extrêmement restrictive et refoule systématiquement les bateaux de clandestins. Ceux qui parviennent à gagner les rives sont placés dans des camps de rétention sur l'île de Manus, en Papouasie-Nouvelle Guinée ou sur l'île de Nauru, dans l'océan Pacifique.

Même si leur demande d'asile est jugée légitime, Canberra ne les autorise pas à s'installer en Australie.

Depuis l'ouverture du centre de rétention de Manus il y a trois ans, une cinquantaine de migrants ont vu leur demande d'asile acceptée.

Selon les chiffres officiels, 900 hommes sont détenus en Papouasie-Nouvelle Guinée et 600 hommes, femmes et enfants à Nauru.

A Manus, ceux qui ont obtenu le droit d'asile sont hébergés dans des logements financés par l'Australie mais ne peuvent pas travailler, sont soumis à un couvre-feu et n'ont pas le droit de quitter l'île, a rapporté l'Australian Broadcasting Corporation.

"La Papouasie-Nouvelle Guinée a pour tradition d'aider les gens dans le besoin", a déclaré son ministre de l'Immigration Rimbink Pato dans un communiqué.

"Cette politique affirme nos valeurs humanitaires et notre leadership régional fort", a-t-il ajouté annonçant les mesures de réinstallation des réfugiés.

Aucune précision n'a été pour le moment fournie quant aux conditions de réinstallation de ces réfugiés en Papouasie.

Le gouvernement a simplement noté que les réfugiés de Manus se verraient octroyer du travail dans "divers endroits", selon un programme qui doit débuter bientôt.

Peter Dutton, homologue australien de M. Pato, s'est félicité de cette annonce qui "démontre que les gens qui se trouvent à Manus, et qui ont obtenu l'asile, ont la possibilité de s'installer en Papouasie Nouvelle-Guinée. Mais ils ne viendront pas en Australie".

L'Australie fait l'objet d'une pression croissante depuis quelques semaines de la part d'organisations humanitaires, qui dénoncent le sort réservé aux migrants dans ces camps. A Nauru, des femmes et des enfants auraient été abusés, disent-elles.

L'annonce de Port-Moresby survient au lendemain d'un raid de la police de Nauru dans les bureaux de l'association caritative Save the Children, pour la seconde fois en un mois, dans l'objectif présumé de débusquer les auteurs de fuites aux médias australiens, à propos du sort des réfugiés.

Nauru a également été accusé vendredi par Reporters Sans Frontières d'empêcher la presse de se rendre dans l'île pour que rien ne filtre sur la situation dans ces centres.

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