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23/10/2015 00:45 EDT | Actualisé 22/10/2016 01:12 EDT

Guatemala: un comédien et une ex-Première dame opposés au second tour

Le second tour, dimanche, de l'élection présidentielle au Guatemala, verra s'affronter l'acteur et animateur de télévision Jimmy Morales, grand favori après avoir créé la surprise, et l'ex-Première dame Sandra Torres.

- Jimmy Morales, vainqueur surprise du premier tour -

"Ni corrompu, ni voleur" est le slogan de ce père de quatre enfants. L'humoriste de 46 ans a fait une entrée fracassante dans la vie politique locale en arrivant en tête du premier tour, le 6 septembre, avec 23,99% des votes.

Cheveux bruns plaqués en arrière, Jimmy Morales, animateur d'une émission humoristique à la télévision, acteur comique et producteur de cinéma, était devenu célèbre en 2007 avec son rôle de "Neto", un cowboy naïf qui est sur le point de devenir président par accident mais se repent à la dernière minute.

Le candidat du parti FCN-Nacion (droite) pourrait cette fois accéder à la tête de l'Etat alors qu'il plafonnait à 0,5% des intentions de votes en avril dernier.

Un récent sondage lui accorde 67,9% des intentions de vote, le plaçant loin devant sa rivale.

Maniant l'humour durant ses meetings, ayant étudié le management à l'université, mais sans obtenir son diplôme, il est perçu par les électeurs comme une alternative aux hommes politiques traditionnels.

"Le vote pour Jimmy est fragile et conjoncturel (...) il a bénéficié d'un rejet pour les candidats traditionnels", explique l'analyste Phillip Chicola.

"Pendant 20 ans, je vous ai fait rire, je vous promets que si je deviens président, je ne vais pas vous faire pleurer", promet M. Morales.

L'ombre de l'armée plane toutefois sur son parti, créé en 2008 par d'anciens militaires que des groupes de défense des droits de l'homme associent à des exactions commises durant la guerre civile qui a fait plus de 200.000 morts et disparus (1960-1996).

- Sandra Torres, l'ancienne Première dame -

Soutenue par l'Union nationale de l'espoir (UNE, social-démocrate), Sandra Torres, 60 ans, est l'ex-épouse de l'ancien président Alvaro Colom (2008-2011).

Cette femme élégante, sans enfants, avait divorcé de son époux en 2011 pour pouvoir se présenter au scrutin présidentiel, ce qui lui avait été refusé par le Tribunal électoral (TSE), qui interdit toute candidature d'un proche du président sortant, avant qu'elle obtienne gain de cause en 2015.

Elle s'est qualifiée pour le second tour, malgré les dix jours qui ont été nécessaires au TSE pour la départager face Manuel Baldizon (droite), qui lui disputait la place pour le second tour.

Ses détracteurs l'accusent d'avoir fait partie de l'ex-guérilla qui a combattu les autorités entre 1960 et 1996, ce qu'elle a toujours nié.

Sous le mandat de Colom, elle était considérée comme une femme puissante et intraitable, impressionnant par son caractère froid et dur, qu'elle a depuis fortement adouci en public, à l'occasion de sa candidature.

Dirigeant les programmes sociaux du gouvernement et se montrant attentive aux besoins des agriculteurs, elle jouit d'une forte popularité dans l'électorat pauvre et rural.

Dimanche, elle devra dépasser les sondages qui lui attribuent 32,1% des intentions de votes, si elle souhaite enfin pouvoir accéder à la présidence du Guatemala.

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