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23/10/2015 12:23 EDT | Actualisé 23/10/2016 01:12 EDT

France: cinq ans de prison avec sursis requis contre un ex-urgentiste accusé d'euthanasie

Cinq ans de prison avec sursis ont été requis en France vendredi au procès en appel de l'ex-médecin urgentiste Nicolas Bonnemaison, rejugé pour l'"empoisonnement" de sept patients en fin de vie, dont la défense a de nouveau réclamé l'acquittement.

La peine réclamée par l'avocat général de la cour d'assises d'Angers (ouest) est la même que celle demandée en première instance par son homologue des assises de Pau (sud-ouest) en juin 2014.

Nicolas Bonnemaison avait alors été acquitté. Il a en revanche été radié depuis de l'Ordre des médecins.

Le verdict est attendu samedi. L'ancien praticien, âgé de 54 ans, encourt la réclusion criminelle à perpétuité en France où l'euthanasie est illégale.

Nicolas Bonnemaison n'est "pas un assassin, pas un empoisonneur au sens commun de ces termes", a estimé le représentant de l'accusation, Olivier Tcherkessoff, dans son réquisitoire.

Selon lui, l'ex-urgentiste a cependant "provoqué la mort délibérément" de six des sept malades, "s'installant dans sa toute-puissance" de médecin en leur injectant des produits létaux pour "hâter la fin".

"M. Bonnemaison s'est mis lui-même hors de la loi, la loi médicale, mais aussi la loi pénale", a estimé le magistrat.

A l'inverse, un des deux avocats de l'accusé, Arnaud Dupin, a tempêté contre "l'acharnement judiciaire" visant selon lui son client.

"M. Bonnemaison n'est pas ce criminel qu'on veut vous présenter (...) Rendez-lui sa dignité, acquittez le !", a-t-il crié à l'adresse du jury en tapant du poing sur la table.

L'ex-urgentiste est accusé d'avoir, entre mars 2010 et juillet 2011, administré à sept patients incurables de l'hôpital de Bayonne (sud-ouest) dans lequel il exerçait, un puissant sédatif assorti - pour six d'entre eux, d'un médicament à base de curare.

Aucune famille des malades n'a porté plainte contre lui mais deux se sont portées parties civiles et leurs avocats ont demandé vendredi sa "condamnation" pour avoir "volontairement abrégé" la vie de ses patients.

Au cours des deux semaines du procès, Nicolas Bonnemaison, 54 ans, a réfuté toute "intention de faire mourir", mais reconnu avoir procédé aux injections qui lui sont reprochées pour, selon lui, mettre fin à des souffrances extrêmes.

L'affaire Bonnemaison a contribué à relancer en France le débat sur la fin de vie. Depuis le premier procès, une nouvelle loi a été adoptée, instaurant un "droit à la sédation profonde et continue", un endormissement jusqu'au décès pour les malades incurables en phase terminale.

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