NOUVELLES
23/10/2015 02:50 EDT | Actualisé 23/10/2016 01:12 EDT

Ewa Kopacz, énergique et résolue, mais pas assez

Première ministre depuis un an seulement, Ewa Kopacz s'est montrée énergique et résolue, mais n'a pas trouvé de dopant miracle pour son parti libéral, dépassé par les conservateurs d'opposition de Droit et Justice (PiS).

L'ancienne présidente de la chambre basse du Parlement avait été propulsée à la tête du gouvernement de centre droit de son parti Plateforme civique (PO) par le départ pour Bruxelles de son prédécesseur Donald Tusk, désigné président du Conseil européen.

La disciple la plus dévouée de M. Tusk avait pour objectif d'assurer la réélection du président de la République Bronislaw Komorowski et de maintenir son parti au pouvoir pour un troisième mandat consécutif, lors des législatives du 25 octobre.

Or le premier défi s'est soldé en juin par un échec inattendu, au bénéfice d'Andrzej Duda du PiS, et tous les sondages prévoient impitoyablement un nouveau revers aux législatives face à l'opposition nationaliste et populiste.

"Donald Tusk avait le génie d'être un bon chef de gouvernement et de parti à la fois. Ewa Kopacz n'a pas le même don", estime Eryk Mistewicz, spécialiste en marketing politique.

"Elle n'a pas réussi à susciter de l'enthousiasme, notamment au sein de son parti. Elle a manqué de charisme, et la situation l'a dépassée", déclare-t-il à l'AFP.

Ancien médecin urgentiste de province, cette femme de 58 ans à la démarche dynamique, tailleurs élégants et talons aiguilles, a tout de même réussi à préserver son parti d'une chute spectaculaire que prédisaient de nombreux commentateurs.

"Elle a fait preuve d'une mobilisation exemplaire après l'échec (de M. Komorowski) qui risquait de faire couler son parti à quelques mois des législatives, même si c'est au prix d'une légère dérive populiste", souligne Stanislaw Mocek, politologue de l'Académie polonaise des sciences.

Lève-tôt chronique au risque de paraître parfois fatiguée, elle a sillonné le pays en train pour avoir le contact direct avec les électeurs, tenté de redorer l'image de son parti et de vanter les succès économiques du pays aux yeux des Polonais lassés de voir les centristes au pouvoir depuis huit ans.

"Je suis dans la bonne situation d'une personne qui a réalisé la majorité des promesses faites il y a un an. J'ai la satisfaction et le mandat pour dire aux électeurs: j'ai réalisé ce que j'avais promis et je propose de nouvelles solutions que j'ai l'intention de réaliser aussi", déclare-t-elle.

- Emotions visibles -

Issue d'une famille modeste, fille d'une couturière et d'un serrurier, c'est une "femme intransigeante, avec du caractère", raconte dans un livre Janusz Palikot, homme politique haut en couleur et ancien partisan de Donald Tusk.

On lui a reproché pourtant ses émotions jugés parfois trop visibles et ses moments d'hésitation, notamment sur le dossier des migrants, que la Pologne a fini par accepter au nombre de plus de 7.000, contre l'avis général des Polonais et des partis d'opposition.

Le PiS s'est plu à la traiter d'"hystérique".

Membre de la PO depuis sa création en 2001, Ewa Kopacz se rapproche de Donald Tusk quelques années plus tard, quand elle soutient personnellement sa mère et sa soeur, toutes deux gravement malades à l'époque, selon la presse polonaise.

"Tout ce qu'elle touche, c'est avec une persévérance et un sérieux mortels", souligne le commentateur politique Jacek Zakowski.

En avril 2010, lorsque le Tupolev-154 du président polonais Lech Kaczynski s'écrase près de Smolensk en Russie tuant tous ses 96 occupants, la ministre de la Santé Ewa Kopacz se rend sur place pour assister personnellement à l'identification des victimes à la morgue.

Dans un pays où environ 80% de la population se déclarent catholiques, et où la loi anti-avortement reste parmi les plus restrictives en Europe, Ewa Kopacz a bravé toutes les voix criant au scandale en soutenant le droit à l'IVG pour une fillette de 14 ans, victime d'un viol.

Médecin pédiatre de formation, Mme Kopacz est divorcée, mère d'une fille et grand-mère.

sw/via/ia

Biden ou Trump?
Suivez les dernières nouvelles, les analyses et les sondages dans cette course qui ne cesse de surprendre!