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23/10/2015 10:37 EDT | Actualisé 23/10/2016 01:12 EDT

Climat: à l'approche de Paris, difficile gestation d'un projet d'accord

Malgré une semaine de discussions, les négociateurs chargés de préparer un projet d'accord sur le climat en vue de la conférence de Paris bataillaient encore vendredi à Bonn pour tenter de finaliser un texte clair.

Ce round de négociations est le dernier avant le grand rendez-vous de Paris fin novembre, où un accord mondial permettant de juguler la hausse du thermomètre sous la barre des +2°C est censé voir le jour sous l'égide de l'ONU.

Sous pression, les négociateurs de 195 pays, soutenus par des médiateurs appelés à la rescousse, ont mis à profit ces dernières heures pour toiletter un projet peu lisible qui a gonflé au fil des jours. Après de nouvelles "réunions informelles", ils devaient décider de la suite des opérations, peut-être d'une session supplémentaire.

"On dirait que rien n'a changé", dit en soupirant Martin Kaiser de Greenpeace, évoquant les précédentes conférences climatiques "où il fallait tout reprendre à zéro au début, en dépit des sessions de négociations préparatoires".

"Nous ne sommes qu'en octobre. Les gens ne vont pas abattre leurs cartes si tôt!", explique le coprésident des débats Daniel Reifsnyder.

Progrès sur la rédaction de certains chapitres du futur accord, recul sur un autre... Vendredi matin en assemblée plénière, des délégués ont exprimé leur "insatisfaction", sentiment largement partagé dans les couloirs du World Conference Center de Bonn.

Les négociateurs avaient pour mandat de produire un texte concis, présentant clairement les options à trancher à Paris.

Mais ils se sont trouvés confrontés au manque de temps, faute d'avoir progressé fortement lors des trois précédents rounds de pourparlers organisés cette année.

Ils ont aussi été contraints de reprendre une mouture qui avait été amputée de propositions-clé.

Ces coupes ont provoqué une bronca des pays en développement, furieux de ne pas y retrouver leurs revendications: par exemple l'objectif de limiter à 1,5°C le réchauffement mondial, ou encore la garantie du financement de leurs politiques climatiques par les pays riches.

- fracture -

"Cette mouture ne reflétait pas les vues des pays en développement et nous avons perdu un jour à les réintroduire", a déploré vendredi Amjad Abdulla, le représentant des petites îles, mettant en garde contre la mise à l'écart de certains pays.

De fait, cette semaine à Bonn aura ravivé la traditionnelle fracture entre pays développés et en développement, qui caractérise les négociations sur le climat.

Les pays du Sud, qui rappellent la responsabilité des pays du Nord dans le réchauffement, et qui vont, avec ce futur accord, s'engager pour la première fois à des réductions d'émissions de gaz à effet de serre (GES), ont mis la pression pour obtenir des engagements financiers afin de faire face aux impacts du réchauffement.

Sous l'effet des GES issus pour l'essentiel de la combustion d'énergies fossiles, la planète se réchauffe à une vitesse inédite, générant des événements météorologiques extrêmes, la fonte accélérée des glaciers ou encore la montée du niveau des océans.

"Le succès ou pas de Paris dépendra de ce qu'il y aura sur les financements", a souligné l'ambassadrice sud-africaine Nozipho Mxakato-Diseko, accusant les pays riches de fuir leurs obligations et d'interdire à dessein la présence d'observateurs (ONG notamment) aux réunions.

Les pays développés font valoir que les grands pays émergents peuvent désormais contribuer financièrement. La question des dommages climatiques subis, et de leur compensation, est un autre sujet brûlant.

Autant de divisions qui ne pourront se résoudre qu'au plus haut niveau à Paris.

"Les financements, c'est le sujet compliqué. Ce sera sûrement pour la fin de la COP", souligne aussi la négociatrice française Laurence Tubiana, qui veut voir des avancées positives: "il y a une volonté de travailler" pour être au rendez-vous de Paris.

La conférence sur le climat ("COP21") doit s'ouvrir le 30 novembre en présence de chefs d'Etat invités à venir donner une "impulsion politique". Les négociateurs se pencheront ensuite sur le texte, avant de passer la main la dernière semaine aux ministres, chargés de trancher.

cho/fmi/lpt

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