NOUVELLES
23/10/2015 06:31 EDT | Actualisé 23/10/2016 01:12 EDT

Afrique du Sud: des milliers d'étudiants en colère devant le siège du gouvernement

Des milliers d'étudiants manifestaient vendredi contre l'augmentation de leurs frais de scolarité devant le siège du gouvernement à Pretoria, où une réunion a lieu entre les leaders estudiantins, les directeurs d'université et le président Jacob Zuma.

Les manifestants des différentes universités de Pretoria et Johannesburg ont défilé sans heurts dans les rues de la capitale sud-africaine pour rejoindre Union Buildings, le siège du gouvernement, où la présence policière a été renforcée.

"Les gens doivent savoir que nous nous battons pour nos droits, pour une éducation gratuite", affirme Nosi Makab, 20 ans, étudiant à Pretoria.

"L'Afrique du Sud doit investir davantage dans l'éducation pour former ses leaders de demain", estime Kgotsi Genge, un étudiant de 22 ans de l'université de Pretoria. "Le gouvernement pense qu'on joue, ils pensent qu'on veut juste rater des cours mais nous allons continuer le combat", poursuit-il.

Une réunion entre Jacob Zuma, les présidents d'universités et les leaders de la contestation étudiante pour sortir de l'impasse a débuté au siège du gouvernement pendant que les manifestants se rassemblaient.

"Cette réunion va permettre au Président de dialoguer directement avec les étudiants au sujet de leurs inquiétudes, de ce qui les empêche d'étudier correctement", a déclaré la Présidence sud-africaine dans un communiqué publié vendredi matin.

"Le président Zuma souhaite également la bienvenue aux rassemblements étudiants au siège du gouvernement" ajoute le communiqué.

Mercredi, des heurts entre étudiants et police anti-émeutes avaient éclaté devant le Parlement sud-africain au Cap. La police avait dispersé les manifestants à coups de grenades assourdissantes

Les étudiants qui ont commencé à manifester la semaine dernière protestent à travers tout le pays contre l'augmentation des frais de scolarité qui empêchera, selon eux, les plus pauvres d'avoir accès à l'enseignement supérieur.

Ils dénoncent plus généralement le manque d'opportunités dans un pays où la moitié des jeunes est au chômage.

Les responsables des universités assurent de leur côté qu'une hausse est nécessaire pour offrir une meilleure qualité d'enseignement.

Mardi, le ministre de l'Enseignement supérieur avait proposé que l'augmentation des frais soit limitée à 6% dans l'ensemble des universités, mais sa proposition avait été rejetée par les étudiants.

L'augmentation des frais de scolarité varie selon les universités. A Witwatersrand, 10,5% d'augmentation étaient par exemple prévus alors que l'année universitaire coûte entre 29.620 rands (1.930 euros) et 58.140 rands (3.800 euros), sans compter le logement ou les fournitures.

Ces sommes rendent les universités inaccessibles pour une majorité de sud-africains: le revenu mensuel moyen d'un salarié ne dépasse pas 14.700 rands (979 euros) et plus de 25% de la population est sans emploi.

sf-pid/fra

Biden ou Trump?
Suivez les dernières nouvelles, les analyses et les sondages dans cette course qui ne cesse de surprendre!