DIVERTISSEMENT
22/10/2015 07:00 EDT | Actualisé 22/10/2015 07:39 EDT

«Le clan»: se refaire une vie après le crime (PHOTOS)

Courtoisie Radio-Canada

Radio-Canada constate un engouement suffisamment palpable envers ses séries du samedi, à la Downton Abbey et Dre Grey: leçons d’anatomie, pour croire au potentiel de cette soirée de télévision et y loger une nouveauté, l’un de ses gros appâts de l’automne, Le clan, un emballant suspense en 12 épisodes, une co-production Acadie-Québec, qui occupera la case de 21h, dès le 31 octobre.

Vrai qu’avec le peu d’achalandage aux autres réseaux le même jour, à pareille heure, alors que le samedi soir se prête souvent aux films «grand public» et aux rediffusions, la très grande qualité d’un produit comme Le clan pourrait rallier bien des amateurs de fictions minutieusement tricotées, aux personnages forts.

Le scénario ici concocté par Joanne Arseneau (19-2, Les rescapés) déboule à une parfaite vitesse, sans longueurs, ni trop rapidement. Réalisée par Jim Donovan, qui a surtout travaillé du côté anglophone, sur des projets comme Cracked, Heartland et Flashpoint, la saga policière se déploie entre le Nouveau-Brunswick et Vaillancourt, un petit village fictif d’environ 15 000 âmes qu’on imagine près de Donnacona. D’ailleurs, les tournages, qui ne sont pas encore terminés, se sont divisés entre les environs de Québec et Shediac et Moncton, en Acadie. Aucun n’a eu lieu à Montréal, un fait rare en télévision de chez nous.

Et les protagonistes, interprétés par des pointures de calibre, dont Sébastien Ricard, Benoît Gouin, Luc Senay, Roger Léger, Pierre-Yves Cardinal, Germain Houde, Sylvie Boucher, Louis-Philippe Dandenault et plusieurs acteurs acadiens, dissimulent tous leur lot de secrets et de zones d’ombre. Il faudra être attentif pour ne louper aucun soubresaut et démêler les relations qui unissent tout ce beau monde, qui nous sont dévoilées qu’au compte-gouttes, mais la trame est assez solide pour qu’on ne s’y perde pas.

Qui plus est, Le clan, une production conjointe d’Avenue Productions (Marche à l’ombre, Les rescapés), de Casablanca (Les Invincibles, Série noire) et de Phare-Est Média (Belle-Baie), se démarque déjà à l’international et a reçu, à la mi-octobre, une nomination au Festival international du film Mannheim-Heidelberg, en Allemagne, dans la catégorie du Prix des nouveaux créateurs. Les arguments sont donc déjà nombreux pour convaincre les plus fervents téléphages de s’y accrocher.

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Devenir délateur

Le titre Le clan évoque beaucoup de choses dans la série du même titre. Il suggère d’abord la première existence du visage central de ce thriller, Yannick Moreau (Sébastien Ricard). En 2007, le rebelle Yannick au crâne rasé a été impliqué dans une affaire de drogues au Nouveau-Brunswick, qui s’est conclue par l’arrestation de ses complices, qui étaient en fait son père, Donald «Don» Moreau (Roger Léger), et ses frères, Pascal (Pierre-Yves Cardinal, dont la coupe de cheveux vous étonnera!), Steve (Louis-Philippe Dandenault) et Mathieu (Jean-Sébastien Courchesne). Ces frasques antérieures sont exposées en flashbacks dans Le clan ; on nous en distillera des bribes à chaque épisode.

Forcé de collaborer avec la justice, de devenir délateur, Yannick a dû quitter son milieu d’origine et a été relocalisé au Québec, par le biais du programme de protection des témoins, et a hérité d’une nouvelle identité. Un filon intéressant, selon l’auteure, Joanne Arseneau, qui juge qu’être délateur est «à peu près le pire rôle qu’on peut tenir, dans la vie».

Yannick Moreau a donc été rebaptisé Jean-François (JF) Gagnon, et sa nouvelle vie lui réussit plutôt bien, avec son deuxième clan, parfaitement propre, celui-là. Il file le parfait amour avec sa femme, Brigitte (Karine Lagueux), avec qui il a eu deux magnifiques enfants, dont le plus jeune est encore bébé. Il bosse au centre équestre fondé par sa belle-famille et entretient une complicité du tonnerre avec son beau-père, Jean-Claude (Luc Senay), maire de Vaillancourt, qui souhaiterait ardemment voir son gendre prendre sa relève à la tête du village. JF boit certes une bière et fume un joint à l’occasion, mais il est l’image même du «bon gars», à qui on donnerait le bon Dieu sans confession.

Seulement, l’inconscient de Yannick/Jean-François, lui, n’a pas effacé toutes les traces de son passé. Notre homme fait souvent d’affreux cauchemars, la nuit, et se réveille les mains moites. Ce qui inquiète son amoureuse, laquelle croit dur comme fer que son JF a été militaire dans l’armée, a combattu en Afghanistan et en conserve des séquelles. Un mensonge que le principal concerné entretient, sans toutefois être prêt à aller se faire soigner à l’hôpital des Anciens Combattants…

Comme seul confident, JF peut compter sur Thomas «Tom» Chamberland (Benoît Gouin), son «contrôleur», ou «coordonnateur», le seul à connaître sa véritable identité, qui veille à ce que son protégé marche dans le droit chemin. Thomas poussera les hauts cris lorsqu’il apprendra que JF est déjà pressenti pour assurer, par intérim, la mairie de Vaillancourt, et qu’il est celui sur qui compte toute sa municipalité pour sauver le centre équestre, sur le point d’être rasé pour ériger un complexe immobilier. Et si la médiatisation de la nomination de JF à la mairie révélait au grand jour sa véritable figure? Voilà qui serait un gros problème… surtout à l’heure où son père et ses frères sont sur le point d’obtenir leur libération, et ne cherchent probablement qu’à se venger.

«On dirait que tu oublies qui tu étais avant», pestera Thomas, rappelant JF à l’ordre. «Va falloir que tu te caches toute ta crisse de vie, il y a trop de monde qui t’haït…», ajoutera-t-il, plus tard.

Au Nouveau-Brunswick, on suit aussi les péripéties d’une «dame de fer», Carole («Caro») qui a maille à partir avec son petit-fils adolescent, Zac. Caro et Zac seraient-ils rattachés aux Moreau d’une quelconque façon?

Le clan s’amorce donc au moment où JF est à la croisée des chemins, malgré lui. Son histoire, celle de ses frères, celle de Caro et Zac s’imbriqueront, et l’étau se resserrera de plus en plus sur lui, comme en témoigne le comédien qui lui donne vie.

«Dès le début, on sent une épée de Damoclès au dessus de sa tête, illustre Sébastien Ricard. C’est comme une toile d’araignée, comme un goulot d’étranglement. C’est passionnant à jouer, c’est un beau rôle. Tous mes partenaires de jeu sont formidables.»

Multidiffusion

Seul détail à ne pas négliger, il vous faudra prendre des notes pour ne rater aucune intrigue de cet haletant Clan. Dans son élan de surf sur la vague de la diffusion multi-écrans, Radio-Canada a choisi d’adopter pour cette nouvelle émission une stratégie à peu près similaire à celle appliquée au Nouveau show, à quelques différences près.

Ainsi, les six premiers épisodes du Clan seront présentés de manière traditionnelle, à compter du 31 octobre, à Radio-Canada, à raison d’un par semaine. ARTV les reprendra ensuite, en rafale, du 13 au 15 décembre, de 22h à minuit, à coups de deux heures à la fois.

Puis, pour connaître la suite et achever de vous rassasier, il faudra, plus tard, vous reconnecter à ARTV, alors que les six dernières tranches du Clan seront relayées du 16 mars au 20 avril. Radio-Canada les rediffusera également quelques semaines plus tard.

La direction de Radio-Canada a assuré, mercredi, en point de presse, que les publics de Radio-Canada Télé et d’ARTV ne sont pas les mêmes, et qu’il y a ainsi possibilité de rejoindre un plus vaste auditoire. Semble-t-il que le procédé du multiplateformes donne déjà des résultats concluants.

Or, si vous êtes pressés de découvrir l’univers rempli de secrets du Clan, le rendez-vous est fixé au samedi, 31 octobre, à 21h, à Radio-Canada. Un jeu interactif inspiré de la série a été créé pour le web.