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Japon: des parlementaires et un ministre visitent un sanctuaire qui honore des criminels de guerre

Des dizaines de parlementaires japonais et un ministre se sont rendus mardi, deux jours après la visite de deux autres membres du gouvernement, au sanctuaire Yasukuni de Tokyo où sont notamment honorés des criminels de guerre, un geste qui a provoqué la colère de Pékin et Séoul à l'aube de discussions tripartites.

73 parlementaires et 96 représentants d'autres députés et sénateurs sont venus en début de matinée dans ce lieu de culte shintoïste verdoyant au coeur de la capitale, ont rapporté des journalistes de l'AFP.

Le ministre chargé de l'augmentation de la population active dans le gouvernement Abe, Katsunobu Kato, s'est aussi rendu quelques heures plus tard au Yasukuni.

Ces visites surviennent au moment où le Premier ministre Shinzo Abe doit avoir des entretiens le mois prochain avec les dirigeants de la Corée du Sud et de la Chine.

Dans une déclaration, le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a dénoncé dans cet hommage une "glorification de la colonisation et de la guerre d'agression menées par le Japon".

Pékin avait réagi sur le même ton lundi aux visites de la veille. "Nous sommes fermement opposés aux actes inappropriés des responsables politiques japonais. Nous exhortons le Japon à se confronter avec sincérité à son histoire, à rompre clairement avec le militarisme et à prendre des actions concrètes pour gagner la confiance de ses voisins asiatiques et de la communauté internationale", a commenté la porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hua Chunying.

De tels pèlerinages sont coutumiers à cette période de l'année pour le festival d'automne du Yasukuni. Deux ministres - Sanae Takaichi, ministre des Affaires intérieures, et Mitsuhide Iwaki, ministre de la Justice - s'y étaient déjà rendus dimanche pour la même raison. M. Abe s'est abstenu mais a fait une offrande.

"Comme la session parlementaire est terminée, le groupe était moins important cette fois, mais nous avons prié et exprimé notre sincère respect", a déclaré à la presse l'ex-ministre de la Santé Hidehisa Otsuji qui conduisait la délégation.

Le même estime que M. Abe en personne ne devrait pas se priver de se rendre au Yasukuni. "Je pense que ce ne serait pas si mal qu'il visite le sanctuaire de temps en temps, mais la décision lui appartient".

La réputation sulfureuse du lieu - perçu par les voisins comme un symbole du militarisme du Japon dans la première moitié du XXe siècle - tient surtout à l'enregistrement en catamini en 1978 des noms de 14 criminels de guerre condamnés par les Alliés à l'issue du second conflit mondial.

Ces patronymes ont été ajoutés à ceux de 2,5 millions de soldats japonais tombés depuis la moitié du 19e siècle.

M. Abe, un nationaliste convaincu, s'était rendu au sanctuaire Yasukuni en décembre 2013, pour fêter le premier anniversaire de son retour au pouvoir, ce qui avait fâché non seulement Pékin et Séoul mais aussi fait réagir Washington, grand allié du Japon. M. Abe avait déjà été Premier ministre de septembre 2006 à septembre 2007.

Chaque pèlerinage de parlementaires ou ministres provoque l'ire de la Chine et de la Corée du Sud qui considèrent que le Japon ne s'est pas repenti suffisamment ni sincèrement pour les exactions commises par ses soldats durant la Seconde guerre mondiale.

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