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Guy Turcotte relate le soir où il a tué ses deux enfants

SAINT-JÉRÔME - À son procès pour le meurtre prémédité de ses deux enfants, Guy Turcotte a commencé mardi matin à relater, en pleurant, le soir du drame.

L'accusé de 43 ans poursuit son témoignage à son procès criminel pour le meurtre d'Olivier, 5 ans, et d'Anne-Sophie, 3 ans.

Il avait débuté son récit des événements lundi au palais de justice de Saint-Jérôme.

Mardi, il a entrepris de raconter ce qui s'est passé le soir du 20 février 2009.

C'est la journée où il a appris dans une conversation téléphonique qu'Isabelle Gaston, son ex-conjointe et mère des deux enfants, avait changé les serrures de la maison familiale qu'elle avait gardée après leur séparation.

"On dirait que c'est la dernière affaire qu'elle pouvait m'enlever pis elle me l'enlève. Je n'en revenais pas", a-t-il dit.

Dans un moment de frustration, il lui a lancé au téléphone: "tu veux la guerre, tu vas l'avoir!", a-t-il admis dans la salle de cour.

Il a expliqué qu'il faisait référence au fait qu'elle venait de lui dire, dans cette même conversation, qu'elle avait consulté un avocat. "Cela voulait dire: moi aussi je peux prendre un avocat", a-t-il fait valoir.

En fin d'après-midi ce jour-là il va chercher les enfants. Ils se rendent ensuite au club vidéo pour louer des films et acheter des chips.

Il fait le souper, du spaghetti. Les enfants écoutent une vidéo.

"Moi j'ai de la peine", a-t-il témoigné.

"Je m'assois dans le salon avec eux, les larmes me coulent tout seul, en silence... Je pleure."

Olivier doit s'en rendre compte, dit-il. "Il vient, il me fait un câlin, il me prend dans ses bras..... Anne-Sophie fait la même chose", a-t-il relaté en sanglotant.

Parce qu'il pleurait, son témoignage a été suspendu et reprendra en après-midi.

Plus tôt en matinée, il a témoigné sur ses deux derniers mois de vie commune avec Isabelle Gaston.

Il a détaillé presque chaque journée de janvier et de février 2009 avec les conflits qui sont survenus. Il s'est dit victime des plaintes et des attaques incessantes de son ex-conjointe.

Parmi les incidents qu'il a relatés figure celui survenu un jour du début du mois de février où il a appris que ses enfants sont allés au carnaval de Québec avec son ex-conjointe et son nouvel amoureux, Martin Huot. Le nouveau couple avait entamé leur relation avant la rupture avec leurs conjoints respectifs, une situation que Guy Turcotte a eu beaucoup de mal à digérer.

"Un coup de masse en plein front m'aurait fait moins mal, a décrit l'accusé au sujet du moment où il a appris au téléphone, de la bouche de son fils, le petit week-end au carnaval.

"Là, je me rends compte que je suis absent, que je ne suis plus là. Que Martin prend ma place."

"Je raccroche, pis je braille, je braille... je perds ma place dans la vie familiale de mes enfants", a-t-il expliqué.

Le 9 février, il apprend des voisins que Martin Huot dort souvent dans la maison familiale.

"Je n'en reviens pas. Je suis bouleversé", a-t-il dit.

"Qu'il est rendu chez moi, dans la maison familiale où j'ai élevé mes enfants", a-t-il déclaré au jury de 11 personnes. Comme la veille, il a témoigné la tête baissée, sans regarder quiconque.

L'accusé a décrit toute cette période de deux mois avant la séparation en disant à maintes reprises "j'ai vraiment de la peine, je trouve ça difficile", ou encore "je suis découragé".

Malgré tout cela, il s'est dit incapable de quitter sa femme.

Ses avocats ont indiqué lundi que l'accusé allait présenter une défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.

Ce faisant, Guy Turcotte tente d'éviter de se faire condamner pour meurtre et de se retrouver en prison.

L'accusé de 43 ans a plaidé non coupable aux deux accusations de meurtre. Il a toutefois admis avoir causé la mort de ses jeunes enfants.

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