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GB: tapis rouge pour le président chinois, de juteux contrats attendus

Le président chinois Xi Jinping a entamé mardi en grande pompe une visite d'État de quatre jours au Royaume-Uni, marquée par quelques manifestations, au cours de laquelle des accords portant sur plus de 30 milliards de livres doivent être signés.

Le président, accompagné par son épouse Peng Liyuan en élégant tailleur blanc, a eu les honneurs d'une parade des gardes équestres, en présence de la reine Elizabeth II, de son mari le Duc d'Edimbourg et du Prince Charles sur le Mall, la grande artère qui mène au palais de Buckingham.

Le président du plus grand pays communiste de la planète a passé en revue les soldats de la garde royale, vêtus d'un uniforme rouge et du caractéristique couvre-chef en poil d'ours noir.

Des milliers de Chinois, brandissant drapeaux britanniques et chinois, l'attendaient sur le Mall, où une danse du dragon a été improvisée, créant une ambiance de carnaval.

Quelque 200 manifestants du mouvement d'inspiration bouddhiste Falungong et des organisations non gouvernementales Free Tibet et Amnesty International ont tenu trois rassemblements distincts le long du Mall, visibles par le président chinois, pour critiquer la prédominance des intérêts économiques sur les droits de l'Homme.

Mais leurs sifflets et cris ont été couverts par les cris de joie des milliers de manifestants prochinois au passage de M. Xi, a constaté un journaliste de l'AFP.

A l'issue de la parade, le président chinois et la reine ont rejoint le palais de Buckingham à bord d'un carrosse noir et or tiré par des chevaux, leurs époux suivant dans un deuxième carrosse.

Xi Jinping devait s'exprimer dans l'après-midi devant le Parlement britannique avant de prendre le thé à Clarence House avec le Prince Charles - proche du dalaï lama - qui sera en revanche absent du banquet officiel à Buckingham mardi soir.

"Je suis très déçu par les actions du gouvernement britannique", a déclaré à l'AFP Joshua Wong, l'étudiant de 19 ans devenu le visage du mouvement prodémocratie de l'automne 2014 à Hong Kong. "M. Cameron devrait être un leader mondial qui lutte en faveur de la démocratie et des droits de l'Homme partout dans le monde", a-t-il ajouté avant de se rendre à la manifestation d'Amnesty.

"Je suis choqué que nous sacrifiions nos valeurs (...) pour faire des affaires", a regretté Fabian Hamilton, député travailliste et président du groupe parlementaire de défense du Tibet.

"Cela va être un moment très important pour les relations sino-britanniques. Le commerce et les investissements entre nos deux nations augmentent et les liens entre nos deux peuples sont forts", avait déclaré le Premier ministre David Cameron dans un communiqué lançant la visite.

Sur la question des droits de l'Homme, un porte-parole de M. Cameron a affirmé que "rien n'est exclu" et qu'il avait l'intention d'aborder le sujet avec le président chinois.

Selon Downing Street, des accords commerciaux et d'investissements représentant "plus de 30 milliards de livres" (40 milliards d'euros) et la "création de 3.900 emplois" au Royaume-Uni seront signés au cours de cette visite, censée ouvrir "un âge d'or des relations" entre les deux pays, 2e et 5e économies mondiales.

L'un des accords majeurs attendus est celui concernant la construction de la centrale nucléaire de Hinkley Point C, dans le sud-ouest de l'Angleterre.

Selon le quotidien français Les Echos, EDF aurait trouvé un accord avec ses partenaires chinois pour une participation se montant à 33,5% dans ce projet de construction.

M. Cameron a aussi promis d'évoquer avec M. Xi la situation de la sidérurgie britannique, alors que le groupe indien Tata vient d'annoncer la suppression de 1.200 emplois au Royaume-Uni en mettant en cause le dumping chinois.

La visite de M. Xi intervient dix ans après celle du président Hu Jintao. Les relations diplomatiques entre les deux pays s'étaient nettement refroidies en 2012 lorsque le Premier ministre David Cameron avait reçu le dalaï lama à Londres.

Londres a depuis entrepris de restaurer les relations avec Pékin. Selon l'OCDE, le Royaume-Uni est ainsi la "principale destination des investissements chinois depuis dix ans".

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