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GB: juteux contrats et manifestations pour la visite d'État du président chinois

Le président chinois Xi Jinping a débuté mardi une visite d'État de quatre jours au Royaume-Uni, au cours de laquelle des accords commerciaux et d'investissements pesant plus de 30 milliards de livres doivent être signés.

"Cela va être un moment très important pour les relations sino-britanniques. Le commerce et les investissements entre nos deux nations augmentent et les liens entre nos deux peuples sont forts", a déclaré le Premier ministre David Cameron dans un communiqué au début de la visite.

Le Prince Charles devait rejoindre mardi en fin de matinée le président à son hôtel avant de l'accompagner à une parade des gardes équestres en son honneur sur le Mall, la grande artère qui mène au palais de Buckingham, où des milliers de Chinois, brandissant drapeaux britanniques et chinois, l'attendaient.

Selon les services du Premier ministre, des accords commerciaux et d'investissements représentant "plus de 30 milliards de livres" (40 milliards d'euros) et la "création de 3.900 emplois" au Royaume-Uni seront signés au cours de cette visite, censée ouvrir "une ère dorée des relations" entre les deux pays, 2e et 5e économies mondiales.

Ils doivent concerner un grand nombre de secteurs, des industries créatives au commerce de détail en passant par les services financiers, l'aérien et l'éducation.

L'un des accords majeurs attendus est celui concernant la construction de la centrale nucléaire de Hinkley Point C, dans le sud-ouest de l'Angleterre.

Selon le quotidien français Les Echos, EDF aurait trouvé un accord avec ses partenaires chinois pour une participation se montant à 33,5% dans ce projet de construction.

M. Cameron a aussi promis d'évoquer avec M. Xi la situation de la sidérurgie britannique, alors que groupe indien Tata vient d'annoncer la suppression de 1.200 emplois au Royaume Uni en mettant en cause le dumping chinois.

Plusieurs voix, dont celles des organisations non gouvernementales Amnesty International et Free Tibet, se sont élevées pour critiquer le fait que les intérêts économiques l'emportent sur les questions du respect des droits de l'Homme.

"Je suis très déçu par les actions du gouvernement britannique", a déclaré à l'AFP Joshua Wong, l'étudiant de 19 ans devenu le visage du mouvement prodémocratie de l'automne 2014 à Hong Kong.

"M. Cameron devrait être un leader mondial qui lutte en faveur de la démocratie et des droits de l'Homme partout dans le monde", a-t-il dit avant de prendre part en fin de matinée à une manifestation à Londres contre la venue du président chinois.

"Je suis choqué que nous sacrifiions nos valeurs (...) pour du simple commerce", a également regretté Fabian Hamilton, député travailliste et président du groupe parlementaire de défense du Tibet.

Le Prince Charles, proche du Dalaï Lama, prendra ainsi le thé avec Xi Jinping mardi après-midi à Clarence House mais sera absent du banquet officiel à Buckingham mardi soir.

Toutefois, selon un porte-parole de David Cameron, "rien n'est exclu" et le Premier ministre a l'intention d'aborder le sujet des droits de l'Homme avec le président chinois.

"En développant une relation forte avec la Chine sur la base d'engagements constructifs, nous sommes capables de discuter, franchement et dans le respect mutuel de questions sur lesquelles nous pouvons ne pas être d'accord", a-t-il souligné.

La visite de M. Xi intervient dix ans après celle du président Hu Jintao. Les relations diplomatiques entre les deux pays s'étaient nettement refroidies en 2012 lorsque le Premier ministre David Cameron avait reçu le Dalaï Lama à Londres.

Londres a depuis entrepris de restaurer les relations avec Pékin. Selon l'OCDE, le Royaume-Uni est ainsi la "principale destination des investissements chinois depuis dix ans".

"Même si sa croissance économique ralentit de façon graduelle, la Chine est toujours censée devenir la première économie mondiale d'ici 2027, dépassant les États-Unis", a rappelé Rajiv Biswas, chef économiste pour l'Asie à IHS Global Insight.

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