POLITIQUE
20/10/2015 01:22 EDT | Actualisé 20/10/2015 04:17 EDT

Bloc québécois : le résultat ne reflète pas un recul du souverainisme, selon PKP

QUÉBEC – Pierre Karl Péladeau estime que la piètre performance du Bloc québécois aux élections fédérales lundi soir ne reflète pas un recul de l’appui de la population à la souveraineté.

«Comme ce qui s’est produit au dernier scrutin de 2011 avec les néo-démocrates, exception dans l’histoire du Québec, une importante partie de citoyens ont voté pour Justin Trudeau et les libéraux fédéraux afin de congédier les conservateurs, écrit le chef péquiste sur sa page Facebook. Il ne faut aucunement voir une négation de la volonté des Québécois de s’affirmer comme nation et comme pays, mais, alors que nous devons encore exercer nos droits d’électeurs à l’intérieur de la fédération canadienne, un choix autant passionnel que rationnel de se défaire des conservateurs.»

Le Bloc québécois a fait élire 10 députés lundi soir. C’est moins que les douze espérés pour être reconnu comme parti officiel à la Chambre des communes, mais une nette remontée par rapport aux quatre sièges remportés en 2011.

Le chef bloquiste Gilles Duceppe, lui, a été battu dans sa propre circonscription de Laurier Sainte-Marie par la néodémocrate Hélène Laverdière.

«Le Canada ainsi que le Québec voulaient et ont obtenu la fin du gouvernement Harper qui, bien que prétendant faussement respecter les compétences du Québec, ne représentait pas les valeurs québécoises et ignorait ses légitimes préoccupations économiques», poursuit Pierre Karl Péladeau.

Après avoir félicité Justin Trudeau pour son élection à la tête d’un gouvernement majoritaire, Pierre Karl Péladeau décoche toutefois une flèche au Parti libéral du Canada.

«Aurons-nous une résurgence de cette vieille attitude du Parti libéral du Canada souhaitant reléguer le Québec au rôle d’une simple province alors que nous avons toujours constitué une société distincte avec nos valeurs et notre histoire? Justin Trudeau a été élu pour porter le changement, c'est à lui de démontrer s'il peut faire autrement et mieux.»

Au cours d’un point de presse à l’Assemblée national, le chef péquiste a affirmé que les élections fédérales ne portaient pas sur la cause indépendantiste. «Ce n’est pas un test électoral, a-t-il lancé. C’est une élection qui ne concerne pas la souveraineté.»

Il a réitéré que de nombreux Québécois souhaitaient principalement défaire Stephen Harper et son gouvernement conservateur. Il a visité de nombreuses régions du Québec aux côtés de Gilles Duceppe, a-t-il rappelé. «J’ai rencontré des souverainistes qui m’ont dit qu’ils allaient voter libéral, d’autres également néodémocrates, parce que leur volonté était vraiment de congédier le gouvernement Harper.»

Le texte complet de Pierre Karl Péladeau se trouve ci-dessous.

Scrutin : le congédiement de Harper d'abord

Le Canada aura un nouveau gouvernement majoritaire, celui de Justin Trudeau et du Parti libéral du Canada. Avant d'aller plus loin dans l'analyse, je désire d'abord féliciter le nouveau premier ministre du Canada. Aurons-nous une résurgence de cette vieille attitude du Parti libéral du Canada souhaitant reléguer le Québec au rôle d’une simple province alors que nous avons toujours constitué une société distincte avec nos valeurs et notre histoire? Justin Trudeau a été élu pour porter le changement, c'est à lui de démontrer s'il peut faire autrement et mieux.

Évidemment, d’autres se seront interrogés sur les résultats du Bloc Québécois et du chef Gilles Duceppe et par voie de conséquence, sur l’avenir de la souveraineté. Tout d’abord, nous reconnaîtrons tous que cette campagne a été très bien menée. Gilles était de tous les débats et nous aura de nouveau réjoui de son expérience politique et de la connaissance approfondie des enjeux du Québec au sein du Canada. Aurions-nous souhaité un meilleur résultat? Bien sûr.

Maintenant, est-ce un message clair envoyé par les électeurs et les électrices du Québec autour de la souveraineté? Ayant fait campagne avec Gilles ainsi qu’avec de nombreux candidats, ayant rencontré des centaines de citoyens, mon opinion est claire et une bonne partie de la population en convient. Le Canada ainsi que le Québec voulaient et ont obtenu la fin du gouvernement Harper qui, bien que prétendant faussement respecter les compétences du Québec, ne représentait pas les valeurs québécoises et ignorait ses légitimes préoccupations économiques. Combien de nos $ milliards récupérés au Québec ont été dépensés dans des champs d’activités qui ont privilégié l’Alberta, la Colombie Britannique, l’Ontario ainsi que les provinces maritimes? La liste serait trop longue pour en faire l’énumération. Ils y étaient même allés jusqu’à nous exiger de payer deux fois le pont Champlain en installant un péage alors que nous payons rubis sur l’ongle notre tribut à la fédération canadienne.

Comme ce qui s’est produit au dernier scrutin de 2011 avec les néo-démocrates, exception dans l’histoire du Québec, une importante partie de citoyens ont voté pour Justin Trudeau et les libéraux fédéraux afin de congédier les conservateurs. Il ne faut aucunement voir une négation de la volonté des Québécois de s’affirmer comme nation et comme pays, mais, alors que nous devons encore exercer nos droits d’électeurs à l’intérieur de la fédération canadienne, un choix autant passionnel que rationnel de se défaire des conservateurs. Un phénomène équivalent à celui de 2011 a favorisé cette fois Justin qui a mené une bonne campagne promettant mer et monde.

Voilà, je ne crois pas qu’il faille chercher de midi à quatorze heures.

En ce qui me concerne, tout comme je le crois profondément de la part de mes collègues députés à l’Assemblée nationale ainsi que des dizaines de milliers de militants du rassemblement souverainiste, je vais et nous allons continuer à défendre nos droits, nos valeurs ainsi que d’aller à la rencontre des citoyens pour échanger et partager notre vision d’un Québec plus riche, plus ouvert et plus efficace lorsqu’il sera un pays.

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