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Au synode, l'appel d'une femme à regarder la réalité des familles

Une historienne italienne, invitée à s'exprimer devant les évêques du synode sur la famille, leur a reproché d'exalter "une famille parfaite qui n'existe pas", fondée sur "l'exploitation de la capacité de sacrifice des femmes".

"On parle très peu des femmes" au synode, "comme si on pouvait continuer (...) à faire comme si les femmes n'existaient pas" alors qu'elles "sont les grandes expertes de la famille", a déploré Lucetta Scaraffia, dans une intervention dont le Vatican a publié le texte mardi.

Or, l'Eglise "a besoin d'écouter la réalité et les sujets réels de la famille" et en particulier les femmes, dont le rôle a beaucoup changé au XXème siècle, a insisté cette historienne, coordinatrice du mensuel "Femme Eglise Monde" de L'Osservatore Romano.

Régulièrement critique au Vatican d'un monde dominé par les hommes, elle a été l'une des rares femmes invitées à prendre la parole devant l'aéropage des pères synodaux.

"Lorsqu'on parle de familles, on ne devrait pas toujours et seulement parler du mariage", a-t-elle insisté, évoquant le "nombre croissant" de mères élevant seules leurs enfants.

"Ces femmes n'ont quasiment jamais suivi de cours de théologie, souvent ne sont pas mariées mais donnent un exemple admirable de comportement chrétien", a-t-elle fait valoir.

"Si vous, pères synodaux, ne les écoutez pas, vous risquez de faire qu'elles se sentent encore plus malheureuses parce que leur famille est tellement différente de celle dont vous parlez! Vous parlez d'une famille abstraite, d'une famille parfaite qui n'existe pas", a-t-elle dénoncé.

Mme Scaraffia a estimé qu'il faut "établir les fondements d'une famille ouverte au respect de tous ses membres, et non plus fondée sur l'exploitation de la capacité de sacrifice des femmes".

Entamé le 4 octobre, le synode a achevé ses travaux en groupes linguistiques, qui ont adopté 1.400 amendements. Une commission nommée par le pape est désormais chargée de mettre au point le texte final qui pourrait être voté samedi, et risque de faire beaucoup de mécontents.

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